LIVRE V
porte plus depuis long- temps, et que jamais ne lui a donné aucun habitant du canton y comment Arthur le connaît-il?.... Pourquoi ces farouches regards , ce fer levé , ce défi terrible?...
Mais Valdebourg n^a le temps ni de rien comprendre , ni de rien éclaircir. <( — Traî- » tre , défends-toi ! » crie Arthur.
« — Moi ! Se peut-il ! quelle fureur !
)) — Point dVxplications ! défends-toi !
» — Arthur! quelque fatale erreur....
n — Fourbe infâme ! Paix ! ou je frappe.
), — Vous, comte! attaquer mon honneur!..
» — Ton honneur! toi! tu nVn as point.
» Félon! tu n^as rien que ta vie; c^est ta vie )) seule que jVttaque.
» — Arthur!...
» — Misérable! silence. Ton fer ne peut-il » te défendre! es-tu incapable de com- )) battre! faut-il, lâche ! que j^assassine! »
^i8 l^etrangerë.
Cen était trop ! à ce nom de lâche , Vialdebourg a tiré son glaive; ils sont sur le plateau de Fontaril aux bords du lac de la vallée ; les vagues écumantes , sur lesquelles dardent les éclairs, étincellent en se brisant; et semblable à la mer d^Herkend (t) qui roule des flammes en temps d'orage, la plaine liquide de Montôlîn est devenue comme un lac de feu dont les clartés incendiaires se reflètent sur la nature : la voûte céleste est tout entière envahie par la tempête; et le bruit des fers ennemis se croisant sur le roc funeste est perdu dans Tespàce Hmmense où tous les élémens se combattent.
Vingt fois, sHl Favait voulu', Valdebourg
(i) Lorsque la mer d'Herkend est agitée par la tempête , elle étincelle comme du feu; on voit courir des flammes sur ses ondes. ( Voy. Lallarouck, de Thomas Moore , t. a. — Voycige de deux Màho/ftétans.)