LIVRE X
elle a recouvert son visage , a pris la main de Ravenstel........ ; et, d'une marche précipitée les entraînant tous deux vers l'église , elle les conduit à l'autel. Le prieur étonné les suit.
La galerie est restée déserte. Les époux sont aux parvis sacrés ; et la cérémonie commence. En ce moment % la porte du temple , doucement poussée , tourne de nouveau sur ses gonds ; et la salle aux statues de marbre a vu revenir l'Etrangère. Elle est seule , marche avec peine , et ses forces vont l'abandonner.
Un prie-dieu se présente à sa vue. S'y jetant à genoux : — « Arbitre suprême ! dit— » elle , quel moment et quel sacrifice !........
» Une nouvelle barrière se lève entre moi
» et lui; je l'ai placée Je l'ai voulu..
» Izolette va être son épouse.. Ciel! prends » pitié d'eux et de moi ! »
Son tfrppt £sf prostera^', «&? jwte sa** s 4rô«yei»ent ; et , p$le , défaite, dam wi «l*t .complet d'insensibilité, elle semble au milieu du sidon pare pour les fêtes, une image de douleur et de mort jetée, pour servir ctateçon, parmi les pompes et les plaisirs de la vie.
Les chants d'église retentissent. Les jeunes servans de l'autel ont entonne les hymnes sacrées; leurs voix argentines fit pures tiennent des mélodies célestes. 4kus renaît par degvésî elle a pu s'attacher à son
désespoir , ou plutôt l'offrir toi- grand juge.
Oh. ! .combien l'excès du malheur donne ^énergie à la foi! quand 4'ame déebiréé rfâ plus de Ressources ûi fàc tagnasdhitions à attendre du triste, séjoér de la vie* qu'elle .a JUeâna des voies d« tfieW le.trôiwe ides «useiticôrdes est -Iq seul pbrt d*6: $rahds naufrages. ,:- - / /'.»
. LIVRE x. a3t
L'orgue ne se fait plus entendre. Les divins cantiques ont cessé.;..... Soudain 'l'étrangère tressaille... Quelques paroles murmurées de loin, qp'elle ne peut entendre, mais qu'elle devine , sont prononcées au pied de
l'autel par le prêtre qui officie ; il intetv-
roge , on va repondre Alaïs, respirant à
peine, avance la tête, écoute, semble attendre un coup effroyable.... Qu'il tarde à la frapper ! Elle marque le temps par tes palpitations de son cœur. Tout-a-coup sefc
nerfe se détendent ; c'en est fait , le. coup est porté. Elle étouffe un lugubre cri. Sa tête retombe glacée sur le prié-dieu qui la soutient. Sa paupière se referme ; ses artères
ne battent plus Le oiri fatal est pro+
noncé.
Mais la porte donnant sur l'église s 1 est ouverte avec violence.... Qui se précipite dans
&32 l'étrangère. k
la galerie? Arthur lui-même, Arthur lui
seul ; et dans quel état, juste ciel... !
Pendant la cérémonie de l'hymen , il avait paru anéanti ; mais à pe#ne avait-il prononcé le oui solennel qu'un accès de rage et de délire l'avait saisi...... Sa raison s'était
entièrement perdue.... Se levant en sursaut
du pied des autels comme sortant d'un songe horrible , il avait repoussé le prêtre , protesté contre son hymen, proféré d'étranges blasphèmes ; et , fendant la foule épouvantée, il avait couru vers l'Etrangère.
Il referme sur lui la porte de la galerie ; il en tire les longs verroux. Sait-il où il est , ce qu'il fait ?*.* Non ; la démence et la fureur sont ses seuls guides. La fièvre bouillonne dans ses veines. Ses joues enflammées sont de pourpre. Le dernier période des angoisses l'a conduit au dernier degré du désespoir.