‹ L'étrangèreChapitre 103 sur 161 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

» Que font un autel et des mots...! je suis à i* toi, rien qu'à toi seule.... je ne te quitte , » plus , je t'enlèverais au monde entier > je » te disputerais à Dieu même. Ni les prê- » très, ni l'église, ni le monarque universel d ne peuvent m'arracher à toi. Je les brave, » je les hais.... j'ai dit «oui,» mais pour » Alaïs. Viens ! que l'amour nous environne » de ses délices ineffables ! Je suis ton époux.. » je veux l'être »

Il dit , et la presse contre son cœur ; mais se dégageant de ses bras :

« — Arthur i s'est écriée l'Etrangère, épar- » gne-moi , je t'en conjure ! S'il est vrai que » je te sois chère, noble Arthur! aie pitié )> de moi...! le bonheur est-il dans le crime !

» -7- Le crime ! a répété le comte. Je ne » fais aucun cas des mots} crimes , vertus,

» vaines paroles ! c'est xw crime que la

» vertu lorsqu'elle sépare deux cœurs qui

» étaient créés Fun pour l'autre... . plus de » scrupules ! plus d'obstacles ! oh! ma bien-

)> aimée ! sois à moi. »

Il dit ; Alaïs éplorée se précipite au pied de Fautel , enlace de ses beaux bras la sainte statue de la vierge ; et recouvrant son énergie:

« — Homme barbare ! a-t-elle repris ; » oserais-tu consommer mon déshonneur » devant cette image sacrée ! Retire-toi, tu » me fais horreur. Quel amour infernal est » donc le tien! jadis il te commanda le )> meurtre ; maintenant- il te prescrit Fadul- » tère; joins-y encore le sacrilège.

* — Meurtre ! sacrilège ! adultère ! s'écrie » le frénétique Arthur, malédictions et fu- » ries! venez, je vous accepte tous.... Trop w avancé dans les voies de la perdition , je » ne reculerai plus devant vous. Que la ré- » probation vous suive ! qu'à votre voix s'ou-

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