‹ L'étrangèreChapitre 104 sur 161 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

» vre l'abîme ! n'importe ; en dépit de vos » cris y de votre aspect , de vos tortures , je » posséderai cette créature adorée. Alaïs , » si ta vie fut souillée d'erreurs , qu'est-ce » qu'une tache de plus ! si ta vie est sans nul m reproche , à moi seul sera le forfait. Étran- » gère , je te crois pure.... il faut que l'ange » soit au démon, dût la création tout entière » en frémir dans l'éternité. Meurtre ! sacri- » lège ! adultère ! éclairez de vos noirs flam-

» beaux l'hymen du crime et du malheur !

» soyez tous ici les témoins des suprêmes » félicités de l'amour et du désespoir ! »

Il dit ; une cloche lointaine répond à ses imprécations comme le long tintement de la mort aux derniers cris délirans de la vie.

Alaïs j éperdue , est arrachée du pied de l'autel.... l'écho lugubre des arches antiques et des passages voûtés qui mènent de cellule en cellule prend une voix surnaturelle , tome a. 16

2^2 L^KT RANGEE E.

et semble tonner sur le crime.... la statue de la vierge a paru trembler sur son piédestal. .,. et Fange des chastes amours s'est voilé de ses ailes blanches.

Des pas précipités se font entendre On

cherche Alaïs, on accourt.-. Elle est secourue et sauvée. Arthur voit entrer le prieur que le seul Guillaume accompagne. Il repousse l'Etrangère. Son œil est fulminant ; il tire son fer du fourreau. Ce n'est plus de la volupté, c'est du sang qu*il faut à sa rage.

Le malheureux !... enfoncé dans les voies de la perversité , il est enfin arrivé à ce moment affreux où le coupable ne marche plus , mais se précipite ; et où , pour se sauver de lui-même et d'autrui , il n'a que les forfaits pour refuge.

Âmes ardentes , quel exemple! Arthur donna , toute sa vie , un libre essor à

sa volonté impérieuse, à son imagiîfàfîtift exaltée ? se fiant à lui-même fct fete Crdyâ«t certain de ses forces , il méctftitiut tbtft âihre apjjui ; et le résultât ! quel èst-8 ? Artfiiir j avec une ame vertueuse , le sëhtimenf ifltié dé l'hènheûr , tttt fcénfctant iÈmoitf JJôtfr le bien, s'est livré flux plus criminels éiéès j à trahi les plus sâtat* devoir S ; et fû lï'â pài commis tous leé ttimàà , #éft; tfuè, fcuH'hrferftâlë ffetftë j il fut arrêté Malgré Mi:

Alaïs, prèsqtfë irikrilmée; èS dùx pieds de la statue sainte. Guillaume approche...

il l'aperçoit. « — Juste ciel ! s'écrie-t-il , la » reine !... lignes de Méranie en ces lieux! »

A ces mots , le glaive d'Arthur , levé sur le front de l'abbé , échappe à sa main homicide... « — La reine!... ^£TC£j/...répète-t-il,» et ses yeux se couvrent d'un voile. Il porte ses mains à sa poitrine; un mouvement

étrange , mais horrible > a désordonné tout son être. H pâlit , il chancelé , il tombe.

Le prieur court à son aide ; il veut le relever : ô surprise I évanoui et baigné dans son sang, le comte est sans apparence de vie. Le malheureux , dont un nouvel et dernier transport de fureur s'était emparé, venait de se ressouvenir de sa blessure mal refermée..

Il Ta rouverte avec violence Il a déchiré

sa poitrine. C'est par un suicide qu'il complète ses égaremens. L'insensé a voulu se donner la mort Il y a réussi sans doute.

Page 1