‹ L'étrangèreChapitre 114 sur 161 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

les arcs de triomphe élevés devant elle. Rien ne la charme* tout l'effraie. Le passé lui rappelle un crime, le présent la livre au remords , et l'avenir sera l'anathéme.

La princesse de Méranie voit une multitude immense se presser sous ses pas. Cita-' diris et villageois accourent à sa rencontre ; mais ce n'est point un enthousiasme flatteur qui les entraîne, c'est une inquiète curiosité. Tous les visages sont glacés, et tous les regards sont scrutateurs. Le peuple songe à Isamberge. « — » Quelle est celletci? dit la » foule, c'est l'autre qui est l'épouse légi* » time. » Peu d'acclamations saluent Ja nouvelle reine. Beaucoup de fêtes , mais point) de joie; beaucoup d'hommages, mais point?

d'amour.

Agnès observe , écoute et gémit. Son rang ne FéWouit point assez pour la distraire de ses sombres réflexions et pour lui cacher les;

nuages épais quelle voit déjà Ramasser sur sa tète. Les sourires malins et les remarques secrètes des .Français n'échappent pointa sa pénétration. Elle apprécie leurs éloges y in-^ terprète leur silence , et pressent sa destinée.

Philippe est venu au-devant de sa nouvelle compagne; et la princesse arrive à Paris v suivie du plus brillant cortège. La capitale Tattendàit^ jamais entrée plus triomphante n'avait fêté, plus belle reine.- -Agnès éblouit tous les yeux, a -r- Quel dommage !

» disait le peuple, elle est pourtant digne du » trône. » Présage étrange et remarquable!.... souvent , dans sa brusque pensée, la populace est prophétique. / -.-..' . <

La métropole de Lutèce a reçu le serment des époux. Le roi paraît ivre! xf amour; mais les principales famUles- de FrancdnVmt point assisté à Phymen ; aucune dame de

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