‹ L'étrangèreChapitre 115 sur 161 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

haut parage ne vient rendre ses devoirs à la reine. La cour d' Agnès n'est composée que de jeunes paladins et de femmes peu estimées ; les puissans • suzerains du royaume s'éloignent d'elle avec mépris. L'orage commence à gronder sur la coupable souveraine.

Le pontife romain , indigné de la conduite de Philippe , se déclare pour Isamberge; il somme le héros français de reprendre sa première épouse et de chasser la femme illégitime dont le scandaleux hymé— née offense le ciel et la terre. Il menace Philippe - Auguste de tous • les foudres de l'Église. '

Le monarque a bravé le Saint-Siège. Son amour pour Agnès l'emporte sur toute autre considération ; et bien que les rois ses rivaux arment de toutes parts contre lui, il veut.

maigre Rome et l'Europe , qu'Agnès conserve

/ sa couronne.

Enfin Panathéme est lance. Tous les sujets de Philippe. sont délies du serment de fidélité. Plus d'église ouverte , plus d'autels desservis ; toute fonction sacerdotale est interdite aux ministres du culte. Le baptême est refusé aux enf ans ; l'amour appelle en vain l'hymen ; le vieillard meurt sans sacremens.

il n'est plus de jours fériés ; il n'est plus de saintes époques. La vie est sans réjouissances , et la mort même m perdu ses pompes (1).

Les pressentiœens d'Agnès se sont réalisés.... Elle n'est aimée que de Philippe; elle est abhorrée du royaume dont tous les maux sont son ouvrage. La fille de Berthold n'ose

(i) On sait que cet anathème , un des plus fameux de l'histoire, pensa perdre P&ifippe- Auguste. •

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