UVRE
implorer le Seigneur. L'anathéme tombé sur elle lui paraît juste et mérité. « — Misérable » Agnès ! se dit-elle , l'enfer t'a placée sur le » trône; le ciel t'en chasse, il a raison. »
Son palais est devenu désert; ses jours s'écoulent dans un abandon général , et ses nuits n'ont plus de sommeil. O comble d'infortune !.... les malédictions de Rome se sont étendues jusque sur la nature (1). Un été brûlant succède tout-à-coup et sans transition à un hiver glacial. La chaleur devient intolérable. Des vapeurs enflammées s'étenderçt dans les airs; leur souffle a desséché les ruisseaux, les fleuves et les rivières j il a taxi les fpntaines ; il a dévoré les moissons. Les prés n'ont plus de verdure; les arbres n'ont
(i) presque tous le* historien» parlent des prodiges affreux qui s'opérèrent dans la nature à la suite de l'excommunication , et qoi se joignirent au* foudres de fÉgUse.
plus de sève ; la terre n'a plus de végétation. Point de pluie, pas même de brise. Des nuages iioirs découpés en figures menaçantes et bizarres traversent la voûte éthérée ; des rubans de feu se croisent sur le firmament , et des tonnerres s'y font entendre. On voit se former des tempêtes; elles éclatent.... jamais d'eau. Des villages et des forêts deviennent la proie des flammes que la foudre des cieux allume. Des villes entières sont incendiées. Les animaux des champs et des bois périssent faute d'air , et leurs sauvages hurlemens accroissent l'horreur, générale. D'effrayans météores éclairent des nuits funéraires; enfin la France consternée n'a pour aspect que l'épouvante, et pour ressources que la mort.
Agnès , plongée dans la stupeur , s'attribue les fléaux publics. Les habitans de Lutèce