LIVRE XI
j> tout ce qhi lui fut cher , survit à Fhorreur » de sa chute , aucune u^ne ne les recueille , » et la postérité dédaigneuse n'a point de » barda qui les compte. »
Le jour dé son départ de Paris , Agnès , en faisant Ses derniers adieux au palais des rois , avait trouvé son portrait dans la chambre de son époux ; c'était celui qu'elle avait refinis au sire de Vanaubry : — « Que Phi- * lippe- Auguste , dit-élle , ne revoie plus if cette peinture ! Elle servit à l'œuvre téné- » breuse des puissances du mal , qu'elle dis- » paraisse avfcc moi! Ce talisman infernal » fit naître son amour ; qu'il le perde , il » cessera de m'aimer. La continuation de » sa tendresse pour moi ferait le supplice » de sa vie et le désespoir de la France ; » éteignons la flamme funeste qui m'aurait » jamais dû s'allumer. Que Philipp e ait des
m jours heureux ! Que la seule Agnes soit à
» plaindre ! »
Elle dit , saisit le portrait et l'emporta dans son exil. Ce fut cette même peinture que l'Étrangère , en sa cabane isolée, arracha avec égarement des mains d'Arthur en s'écriant : « — Fuis ! Mon image me ressem- » ble , elle est maudite comme moi.»
De tous les joyaux précieux qu'elle tenait de sa famille , elle n'avait voulu conserver ' que la coupe de son père ; le duc de Méranie hii en avait fait don en se séparant d'elle ; et Arthur but à cette coupe à la fontaine de la Madone.
L'Étrangère, craignant d'être tourmentée dans sa solitude par quelque autorité locale , avait placé à dessein dans ses papiers un écrit signé d'elle-même et scellé de ses armoiries, qui commandait, au nom d'Agnès,