LIVRE XI
à tous chefs, juges ou magistrats, de respecter l'existence , le * malheur et les secrets de l'Etrangère. Ce fut cet écrit que Nicette découyrit dans sa cabane lors du meurtre de Valdebourg , et fut porter au tribunal.
Le sacrifice d'Agnès avait sauvé la France.
Rome, satisfaite du rappel d'Isamberge, avait éteint ses foudres vengeurs ; une légion de braves était accourue aussitôt sous les bannières de Philippe , et il avait vaincu ses rivaux.
La paix était rendue à l'Europe. Mais Léopold de Méranie , revenu à l'existence , avait pris Paris en horreur ; inconsolable de l'exil de sa sœur et de la honte qui en était rejaillie sur son illustre maison , il s'était re-
tiré de l'armée ; sort intention est d'abdiquer toutes les grandes dignités humaines , et d'aller finir sa vie loin des cours.
Philippe-Auguste avait rétabli Berthold sur sou trône. Léopold eût pu retourner çn Méranie ; mais , après l'affront fait à sa famille, il ne veut plus reparaître parmi ses concitoyens. Une tache a souillé son nom , il cessera de le porter. Sa sœur était l'objet de toutes ses affections ; il ne se pardonne point d'avoir causé lui-même sa perte en la conduisant à Lutèce. Ses souffrances physiques et morales ont entièrement changé son caractère. Les palais et les camps lui sont devenus odieux; et, sombre, dédaigneux, mi-»
santhrope, il renonce à l'héritage de ses parens ; il ne veut plus revoir sa patrie. .
En vain Philippe désolé a voulu retenir près de lui son ancien compagnon d'armes ; l'inébranlable Léopold n'a point changé de résolution. Il a quitté la ville des rois; il s'est .choisi une demeure aux environs de Jfca-* rency , où vit l'illustre prisonnière ; là, sous