LIVRE XII. 3oi
supplier par l'abbé de lui accorder un dernier entretien ; le prince y a consenti ; il se rend le soir même à la fatale chaumière; Izolette se dérobe à leur vue; et les depx anciens amis sont seuls. ,
«c — Valdebourg! c'est toi! dit Arthur » levant sur lui sa paupière appesantie, viens » étendre ton pardon sur mes erreurs pas-
u sées tu le peux, tu le dois.... je meurs.
» Viens ! mes derniers soupirs t'appellent. »
Puis se reprenant et d'un ton plus grave :
te — • Prince de Méranie ! poursuit-il ; per- » mettez qu'au bord du tombeau je laisse » de côté les rangs. Soyez encore pour moi » le Valdebourg... des jours sans tache. Mon » amii ce ne sera pas long.
» — Cher Arthur! répond Léopold; je » t'ai pardonné depuis long-temps; je n'ai » jamais cessé de t' aimer, non pas même au » moment fatal où ta main égarée levait le
3ofc - l'etràngèie.
» glaive sur ma tête. Je serai toujours j* » . toi Valdebourg. Prince ou baron y je sais » ton frère. .
» — Mon frère î a répété le comte d'une >i voix sourde et concentrée* Mon frère !
» toi....! quelle partfle! »
Le sens qu'il a rattaché à Ces mots lui a
porté un coup affreux .. Il a promis au
prieur d'employer se* derniers efforts à chasser Âlaïs de sa pensée; il lui a promis de ne plus demander à la von> d'éviter tout ce qui la lui rappellera , et surtout de ne plus lui parler y hélas! et.il vient de reconnaître au seul aspect .du frère de sa bienaimée , et à ses premières paroles, combien le serment qu'il a fait lui sera difficile à
remplir..... Cependant 7 il;y sera fidèle.
Ses yeux se sont refermes ; ce. n'est plus ce fougueux jeune homme, brillant de force et de beauté , qui s'écriait naguère , en ses