LIVRE XII
laine, à sa première entrevue avec Rayenstjel; elle s'en empare vivement ; et s'éloignant # Arthur, pour ne plus en être entendue : « — Coupe trompeuse ! reprend- » elle , qu'est devenu le serment de celui » qui, buvant l'eau sainte qjie tu renfer- » mais , prononçait, naguère ces mots; » Etrangère! à toi pour la vie!
» — Il est accompli oe serment , lui * répond une voix lugubre. Etrangère ! à » toi dans la me ! le règne de la vie . est passé. » Izolette ! à toi dans la mort ! » •
Les dernières paroles qu'Arthur ^devait proférer sur la terre viennent de sorjtir de
sa bouche Il s'est enfin arrêté ce cœur
qui battait si vite- Les dernières pensées. du sentiment se sont exhalées dans ses derniers
soupirs.., Le comte de Ravenstel n'est
pliis{.....
Il est des douleurs devant lesquelles il
3â8 l'étrangère.
faut s'arrêter ; pour en offrir la vraie
image , aucune langue n'a de mots ] aucune palette de couleurs. A la vue de leur inexprimable anxiété, le peintre recule avec effroi. Il redoute des impressions trop difficiles à soutenir ; et pour essayer le tableau , il a trop pitié de lui-même.
Les ombres de la nuit et du trépas entourent Agnès et Izolette Un vaste et
solennel silence a succédé au dernier cri de l'infortune. La sombre horreur du désespoir règne seule au toit de l'exil. Aucun mouvement , plus de paroles ; nul bruit dans la
maison isolée que le retentissement de
la mort au fond des deux cœurs déchirés.
Agnès s'arrache la première à l'effroyable abattement qui suit l'irréparable malheur; elle s'approche lentement du lit funéraire d'Arthur; et, l'esprit totalement aliéné, s'a-