LIVRE XII
» Pavez dit ; et que vous le soyez ou non , » nulle puissance sur la terre ne saurait » m'arracher d'ici. »
Agnès ne contient plus son courroux; exaspérée , elfe sVcrie : « — * Tu ose* me >» parler de ta tendresse!... où en sont les »^ preuves? quel sacrifice as-tu fait pour » l'objet adoré? Comme moi as-tu voulu, » pour le bonheur d'Arthur , te dévouer à » un malheur éternel en Punissant à une » rivale? Comme moi, pour assurer son » repos , as-tu renoncé à le voir et sollicité » de lui-même le supplice de son oubli?
)> Comme moi , pour sauver ses jours , t'a- » t-on vue exposer les tiens ? Comme moi , » enfin, pour le rendre au monde, as-tu » voulu condamner ta vie à Péternelle soli- » tude?.... Non, tu n'as rien fait pour Ar- » thur, tu n'as pensé qu'à toi sur la terre; w tu voyais qu'il marchait à l'autel par con-
» trainte, et tu l'y as conduit sans pitié!... » Tu voyais que Fhymen lui tétait horrible , m qu'il serait cause de sa perte, et tu Pas » laissé s'accomplir ! Bien que lui connais- » sant une ame indomptable et fougueuse, tu » n'as pas craint de le porter aux derniers » excès du délire!... C'est toi qui lui ouvris » l'abîme; c'est toi qui l'as jeté dans le » cercueil éprendre pitié de toi !.... jamais. » Je t'abhorre , retire-toi ! »
Elle dit ; sa force est épuisée.... elle tombe accablée sur un siège , et sa vue se couvre d'un voile.
Quel affreux et profond silence!.. la
vierge de Jtfontolin n'a rien répondu aux imprécations d'Agarçs ; elle n'en a ni la force, ni la volonté. Ce, n'est poiirt ^pependaitf la crainte qui l'arrête , ce n'est point le rang de sa rivale qui lui impose; npn : les sentiment