‹ L'étrangèreChapitre 146 sur 161 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

ment pour elle, puisse retourner à Lutèce avec un accroissement de biens.

« — Oh Philippe , écrivait Agnès en ter- » minant sa longue épitre, je n'étais point » digne de vous autrefois, je le suis moins » encore aujourd'hui ; j'ai brûlé d'un amour » coupable, et ce feu me consume encore.

» Quelque brillante perspective que vous » puissiez m'ôffrir, l'avenir est vide pour » moi, le monde est désert , tout est mort.

w Je ne porte avec moi que le malheur et » les désastres ; ne me rappelez , point au » trône ; ma présence y serait une calamité i> pour le royaume, un supplice pour moi, » une honte pour vous. Laissez la malheu- » reuse Agnès s'ensevelir dans une éternelle » retraite ; son sang ne pourrait couler libre- )> ment sous la pourpre. U me faut l'oubli de » la terre, la solitude, le silence. Plus d'au- » très devoirs pour moi que la prière ,

344 L'ÉTRAlfGEltq.

» plus d'autres plaisirs que les larmes , pliis » d'autre juge que le ciel. »

. Guillaume des Barres a porté la lettre à Philippe , et la sœur de Léopold attend avec anxiété la réponse de son époux. Son rang , dont elle veut se dépouiller comme d'un vêtement oppresseur, ce rang qu'elle avait jadi$ tant ambitionné, n'est plus qu'un objet d'épouvante qu'elle envisage avec horreur.

En vain son frère et le prieur l'entourent de leur amitié , de leurs conseils , de leurs prières, Agnès n'est plus sensible arien;

Agnès n'a devant elle qu'Arthur.

Nuls soins , nul essai, nul effort ne peuvent l'arracher à sa funèbre mélancolie , à son apathie douloureuse, à son muet abattement.

Elle témoigne encore de l'attachement à la comtesse de Réthel , et saisit avec empressement toutes les occasions de lui donner des

Page 1