EPILOGUE
preuves de la reconnaissance qu'elle lui a vouée , mais elle ne recherche point sa vue.
La seule Izolette a quelque pouvoir sur son esprit. Izolette la quitte rarement ; sa présence est un besoin pour Agnès. Seule, elle adoucit ses tourmens et distrait sa rêverie ; elle seule parle à son cœur.
Son chagrin n'a point de nuances , il est fixe , et constamment le même . Sa pensée est une longue plainte; et sa vie, telle que l'uniforme cri de l'oiseau funéraire , n'est qu'un gémissement répété. Sa marche est traînante et lugubre ; sa parole est lente et sinistre. Sa souffrance peu expansiven apoint de mots, et jamais de larmes. Le flambeau de ses jours s'éteint par degrés; et peu à peu ses charmes s'effacent. « — Crois-tu , disait-elle à » son amie, que je sois forcée par Philippe w à reprendre un sceptre odieux? ah! s'il )> faut partir pour Lutèce , le char triom-
» phal de la reine sera le catafalque d'Agnès; » il ne portera qu'un cadavre. Ce n'est point » le palais du Louvre qui m'attend... (Test le » caveau de Saint-Denis. Que veut -il de » moi ce Philippe que couronnent tant de » lauriers , et qui préfère à tout la gloire!,.. » je me meurs, qu'il me laisse en paix. >»
En vain Izolette essaie l'influence de ses douces représentations pour ehangerle cours de ses noires pensées, elle voit se flétrir chaque jour cette beauté enchanteresse qui naguère éblouissait les regards ; ses lèvres n'ont plus d'incarnat; ses yeux sont hagards et glacés.
« — Ah ! si j'ai cessé d'être belle, disait » Agnès à sa compagne , c'est qu* Arthur ne » doit plus me voir ; si ma voix est sourde » et plaintive , c'est qu'Arthur ne doit plus » l'entendre ; si mes regards sont ternes et » fixes , c'est qu'Arthur ne les cherche plus.
» — Mais vous m'aimez ! dit Izolette.