ÉPILOGUE
» *— C'est encore parce qu'il n'est plus. »
Les préparatifs du départ de la reine se continuent avec activité. . Agnès , toujours obsédée d'hommages, est contrainte à les recevoir, Léopold, espérant la retirer de son accablement , et non moins fier qu'heureux de voir Philippe- Auguste lui rendre sa couronne , l'environne par force et malgré elle des pompes de la grandeur et de l'éclat des fêtes. Hélas! et la pauvre Izolette, autrefois si vive et si gaie, mais aujourd'hui morte aux plaisirs, est condamnée de nouveau au supplice d'assister à de brillans cercles , et de présider à des jeux. Victime douce et résignée , traînant sa douleur dans les joies-, elle y dépérit comme Agnès; et, quelques tableaux gais qui s'offrent à elle, quelque encens qui brûle à ses pieds , jamais on ne la voit sourire . Jeune vierge de Montolin ! qu'est
devenu ton enjouement ? où sont les dons brillans que te prodigua la nature, ton esprit piquant et malin , tes reparties ingénieuses ,
ton éclat, tafraîcheur , tes grâces?., ah! bien que tu vives encore , une tombe a tout englouti.
Un soir que mille flambeaux étincelans éclairaient le grand salon de Karency où s'était réunie une partie de la noblesse du canton , et qu'Agnès , statue immobile , était assise sur son fauteuil royal, tout-à-fait absente de l'assemblée ; le sire de Montolin , vil courtisan, présente à sa fille une lyre , et dans l'espoir de plaire à la reine, exige qu'Izolette chante ; la douce fille s'y refuse ; mais le père irrité > commande ; et il a fallu obéir.
Elle se rappelle l'hymne guerrier qui le jour de l'arrivée d'Arthur à Montolin fut tant applaudi au castel. Izolette prélude et chante :