‹ L'étrangèreChapitre 15 sur 161 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

» plus être un obstacle à son hymen et à son * » bonheur; que vous l'avez trompé; que, » dégradée par vos erreurs , vous n'êtes » point digne de lui ; que la honte est votre » partage; que son oubli est votre seul » désir, et que vous l'avez fui pour tou- » jours. »

L'Etrangère courroucée relève son front abattu.

« — Homme ou démon , qui que tu sois !

» ouvre sur l'heure tes prisons, dresse à » l'instant ton échafaud, mais délivre-moi » de ta vue.

» — Tu veux périr!....

)> — Tu peux frapper.

» — Tu ne sais point, fille insensée! quels » châtimens on te prépare, et quelles an- » goisses t'attendent !

» — Tu ne sais point, homme féroce! ce

» que peut braver une femme , et quelle force )> est dans son cœur !

» — Supporteras-tu les tortures ?\

» — J'ai pu supporter tes paroles.

» — Et tu oses?....

» — Retire-toi. Ton horrible essai sur mon w cœur Ta révolté , tu le vois. Plus de vains » discours. L'office du traître est rempli, va » préparer celui du bpurreau. »

Elle dit , quitte son siège avec calme , rejette son voile en arrière; et, la main levée, semble commander au perfide de sortir de sa présence. Son geste majestueux, son regard imposant, sa voix éloquente, et son éblouissante beauté ont confondu l'infâme Olburge.

Il recule en répétant à voix basse les derniers mots de l'Etrangère, comme s*il eût craint et* laissant sortir sa propre pensée , d'offrir un monstre trop hideux, et de «épouvanter hû-méme.

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