LIVRÉ VI
î> coûterai tous les témoignages, je recueil- » lerai toutes les preuves , et les débats seront )> publics. Déjà mes ordres sont donnés en » conséquence ; c'est dans la grande salle de ». l'abbaye, nommée le Seuil de l'Eternité, » que les juges s'assembleront; et l'arrêt sera » rendu dans trois jours. Allez! ma détermi- » nation est irrévocable. »
Le misérable est consterné. Quel dénouement inattendu au drame qu'il voulait conduire ! quel renversement dans tous ses projets ! il comptait sur des menées secrètes et sur de sourdes machinations pour se délivrer d'Alaïs ; et voilà un jugement solennel dont les débats publics compromettront peut-être son élève. Si l'Étrangère , accusant Arthur, allait se faire absoudre du crime, et en faire tomber toute l'horreur sur le comte de Ravenstel! Dieu ! quelle effroyable pensée ! quel vaste abîme de terreurs !
3o l'étrangère.
Mais le monstre a déjà pris sa résolution pour se tirer de ce dédale. Toute communication avec qui que ce soit va être fermée à son élève , pendant les trois jours qui précéderont le jugement ; Arthur ne pourra voir personne. Tous les événemens survenus et à survenir lui seront soigneusement cachés.
Le castel va être sa prison , et sa liberté ne lui sera rendue que lorsque l'arrêt des juges de Saint-Irénée aura condamné l'Etrangère.
Olburge a tout révélé au sire de Montolin.
Le châtelain déloyal qu'une pensée seule domine , l'hymen d'Izolette et d'Arthur, approuve et seconde le traître. Ils s'unissent étroitement pour frapper des coups plus certains ; et tous les moyens leur seront bons pourvu qu'As perdent l'Etrangère.
Tout se prépare au couvent de Saint- Irénée pour le jugement d'Alaïs. Le prieur,