LIVRE VI
vérité ont fait un*e vive impression sur rassemblée. Le prieur poursuit en ces termes.
« — Pourquoi donc, descendue du row cher , vous écriâtes-vous avec égarement » en apercevant des étrangers : « // est tombé » au fond des gouffres.... qui que vous soyez! » sauvez-le. Si vous n'aviez rien su du crime , » auriez- vous pu parler ainsi? »
L'Etrangère ne répond rien.
« — Votre silence est un aveu, recon- )> naissez-vous ce glaive ? »
La vue du fer ensanglanté de Valdebourg a fait tressaillir Alaïs ; son courage a faibli et d'une voix entrecoupée , elle a répondu :
« — Oui , seigneur!
» — Accusée ! vîtes-vous la victime ?
>» — Non, seigneur ! Des cris m'avaient at- » tirée sur le plateau fatal où tomba.... celui » que vous nommez Valdebourg. Les traces » d'un crime récent y vinrent frapper mes
» regards. En m'appuyant contre un rofcher » je teignis mai robe de sang ; et , saisie » d'horreur, je pris la fuite»
» — Et sur ce funeste plateau ne vîtesn vous nul meurtrier ? »
A cette question > Olburge , placé près de l'estrade des juges , a sçnti un frisson mortel courir dans ses veines. Le moment redoutable est venu , il perd Alaïs ou la justifie. Alaïs est restée muette.
L'abbé répète sa question ; même silence.
Un bruit sourd et improbateur se fait entendre aussitôt dans la salle. Les plus chauds partisans de l'accusée -n'osent déjà plus la défendre* Les regards se détournent d'elle.
L'admiration qu'elle avait excitée se dissipe ; le prestige qui l'avait entourée s'évanouit^ Alaïs n'intéres6e plus.
« — Je le vois t répond le prieur, le meur- » trier vous est connu. Etrangère ! songez-