LIVRE VI
)) y bien ! ne point dévoiler le coupable, » c'est vous déclarer son complice t taire son » nom , c'est participer à son crime.
» — Seigneur, je n'ai rien à répondre ; » si ce n'est , je suis innocente. ^
» — Ces mots sont insuffisans pour vous » justifier. Si vous persistez à nous cacher » l'assassin * vous ouvrez l'abîme à vos »> pieds ! Parlez ! ou la mort vous attend.
» — Parler ! je n'ai plus rien à çlire. La » mort ! je n'ai plus rien à craindre. »
Le prieur paraît affligé. Un reste d'intérêt et d'émotion se manifeste en ses regards , biea qu'il cherche à le réprimer. Il fait approcher les témoins : c'étaient les envoyés d'Olburge.
Endoctrinés par le perfide , les uns dénoncent l'Etrangère comme exerçant l'art des démons. A les entendre , pour écarter le pu-
blic de sa demeure , elle évoque les esprit* infernaux; elle jette des sorts sur la contrée; elle prépare des philtres homicides ; et l'assassinat du baron n'est point son début dans le meurtre. Plusieurs pâtres de la vallée , disent-ils , ont péri d'une manière étrange depuis son arrivée au hameau ; et les mépris qu'on lui prodigue ', l'aversion qu'on lui témoigne, sont autant de preuves contre elle.
D'autres certifient l'avoir vue sur le rocher de Fontaril la nuit même de la tempête.
Ses vêtemens blancs la trahissaient. Elle était armée d'un poignard , sa main brandissait une torche , elle semblait une furie.
Ceux-ci déclarent l'avoir entendue , la veille de l'assassinat , sous lès arbres de la fontaine , menacer le baron d'une mort tragique. Ceux-là soutiennent avoir appris à la ville voisine , d'un voyageur inconnu , que , l'Etrangère avait été chassée de son pays