‹ L'étrangèreChapitre 27 sur 161 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

» ne pas me croire ? nouveau Daniel , j'ai » parlé ; maintenant prononcez sur elle ; le » Ciel prononcera sur vous ! »

Elle dit , et r malgré la défense expresse du tribunal , des acclamations unanimes , et impossibles à contenir , ont salué de toutes parts la touchante fille des pâtres , l'improvisatrice de quinze ans , le défenseur adolescent du malheur et de la beauté , la virginale pureté , sans art , sans savoir et sans guide , seul avocat de l'innocence.

Nicette s'est jetée dans les bras de l'Etrangère. « — Ah ! poursuit-elle avec un reste » d'énergie, pour l'honneur de l'humanité, » ne vous laissez point condamner!... »

Puis l'Orpheline éperdue tombe à ses pieds sans mouvement.

Quel tableau sublime et touchant !.... L'É-

trangère à demi courbée sur le corps de la jeune fille , tient sa main et la presse contre son cœur. Peu accoutumée aux sensations heureuses, et ne croyant plus en pouvoir goûter , elle s'étonne du charme de ce doux instant. Sa reconnaissance se peint en son geste mélancolique. Sa secrète satisfaction , éclair rapide et fugitif , se laisse apercevoir en son attitude expressive, en son visage ranimé. Elle ressemble à la patience, penchée sur l'effigie d'une tombe , qui , lassant le malheur par la résignation , oublie un moment le passé , respire moins souffrante , et sourit.

L'attendrissement est général. Nicette est arrachée d'auprès d'elle , et le président va parler. Mais , ô nouvel événement non moins imprévu que les autres ! Un des prêtres de l'abbaye entre et interrompt la séance. Il tient un parchemin roulé qu'un messager du

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