‹ L'étrangèreChapitre 28 sur 161 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

roi de France vient d'apporter à l'heure même. Le courrier s'était d'abord rendu à la maison de l'Etrangère ; maiS n'y trouvant point celle à qui sa dépêche était adressée , il l'avait partout demandée , et avait enfin découvert qu'elle était àSaint-Irénée. Son message parait pressé.

Le prieur a déroulé le parchemin et lit publiquement ces mots :

« — De par Philippe - Auguste , roi de » France , il est ordonné à toutes les auto- » rites du royaume , de protéger et de dé- » fendre en tous lieux l'existence de la femme j> inconnue qui retirée en Bretagne y porte » pour seul nom VEtrangère.Toute personne » qui , en contravention à notre présent » ordre , attenterait à sa liberté , encourra » notre indignation royale , et sera sévère- )) ment punie. »

La signature de Philippe , les armoiries de

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France, le cachet du monarque, rien ne manque au décret royal. Qui peindrait l'étonnement des^juges, du chef qui les préside, et de rassemblée tout entière ! Les habitans de la contrée se rappellent les antiques traditions qui ont rendu sf célèbre l'enceinte où ils sont réunis. Jamais au Seuil de l'Eternité il ne se rendit aucun arrêt que des merveilles niaient précédé , ou qu'un miracle n'ait suivi. Le fameux salon des prodiges ne dément point sa renommée.

L'auguste héros de la France et la belle Agnès de Méranie chérissent donc tous deux Y Etrangère , connaissent tous deux ses malheurs , et protègent tous deux sa vie !.... Ce^ pendant elle habitait seule sa deme ure , n'avait de relations avec personne; et chacun la croyait proscrite ; elle n'a point de rang, et parait sans fortune ; elle se disait sans appui et délaissée du genre humain. Comment corn-

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