LIVRE VI. 6l
)> l'arbitre éternel vous l'ordonne ; et si vous » êtes dignes de vos hautes fonctions, qu'ici m la volonté de Dieu passe avant celle des » monarques !
» Il ne s'agit point , nobles juges , de sa- » voir en ce moment ce que fut jadis l'accu- » sée , ni qui s'intéresse à son sort. Ce qu'il » vous importe de découvrir, c'est le meur- » trier du baron. Cette femme le connaît , » et refuse de le nommer ; on l'a trouvée » teinte de sang sur le rocher de l'homicide; » elle est assassin ou complice ; et dans l'une » ou l'autre hypothèse , les lois la condam- » nent à mort. Dévoiler le crime et frapper » le coupable , voilà votre premier devoir.
» Ce n'est point l'opinion des princes que » votre conscience vous commande de con- » sulter. A vous seuls ici la justice , à Dieu » seul la miséricorde. »
Partout l'hypocrite Olburge a su tromper
6s l'étrangère.
les hommes ; sa haute réputation de sagesse s'est étendue dans la province. Son érudition Ta rendu célèbre ; il est adroit ; on le croit juste. Son langage est influent sur l'opinion publique ; quelques esprits sont ébranlés ; et le chef des religieux interroge encore l'Etrangère.
« - — Vous avez entendu Olburge. Qu'avez- )> vous a lui répondre ?
„ — t Hjçn.
» — Vous connaissez le meurtrier ?
» •— Juges ! prononcez mon arrêt. »
Grand Pieu ! quel twnultç effrayant à la porte du tribunal!.. La foule recule effrayée. De/s cris se sont fait entendre ; mais une voix sopore les a qomme étouffés , et s'élève , terrible , au-dessus de toutes les clameurs du
dehors. Elle approche, elle menace! La
garde est repoussée. Quelle épouvante ! quel