‹ L'étrangèreChapitre 37 sur 161 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

O combien l'opinion publique a changé sur l'Etrangère !... Al aïs, chérie par Agnès de Méranie, et protégée par Philippe- Auguste, est devenue l'admiration de la contrée. Objet de toutes les pensées, et sujet de tous les entretiens, elle n'est plus regardée comme une proscrite coupable, mais comme une illustre infortunée. Au tribunal de Saint-Irenée sa beauté a paru céleste , son langage a paru sublime ; aucun noir soupçon maintenant ne plane sur son existence. Et de même qu'autrefois le public injuste ne voyait que des iniquités dans les jours passés de l'Etrangère,

ce même public aujourd'hui remplit de vertus admirables la vie inconnue d'Alaïs.

Les divers messages d'Agnès et du roi sont inexplicables pour tout le monde; la conduite même du prieur, a eu quelque chose d'étrange ; il n'est qu'un fait qui a paru clair à la masse des spectateurs : c'est qu'Arthur aime passionnément l'Etrangère ; et cet bmour enthousiaste a intéressé tous les cœurs.

Le prieur de Saint-Irénée était rentré dans la salle d'audience T peu d'instans après sa disparition. Les juges et la foule assistante l'attendaient avec impatience II avait conféré quelques minutes avec les membres du tribunal ; puis , du haut de son trône il avait soiennelletneitf absous les accusés ; et des acclamations générales , un assentiment unanime avaient confirmé la sentence.

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