LIVRE VU
» — Bon jeune homme! reprend Arthur.
» Je te remercie* .. Va la voir. »
Puis, saisi d'une idée soudaine : — « Tul'ai- » mes , a-t-il ajouté. Qu'elle vienne ce soir au » castel! Va, pars , je voudrais lui parler. »
Déjà le page dévoué est hors des portes
du manoir.
Nicette, à la chute du jour, est introduite près d'Arthur. Il est encore faible et souffrait. L'aspect de là villageoise, en lui rappelant à la fois mille souvenirs cruels, a troublé tout son être ; et ce n'est qu'avec peine qu'il parvient à rétablir quelque ordre dans ses pensées.
« — Nicette, lui dit— il jTun air calme , j'ai
>* bien souffert, je souffre encore , plus
» même que ta maîtresse. Est-elle *etour- » née au bocage ?
» — Seigneur 7 elle est auprès de son frère.
go L ETRANGERE.
» Le baron de Valdebourg est presque mou- » rant ; elle veille nuit et jour au pavillon » du Rocher, et ne quitte point sa demeure.
— As-tu pu la voir?
~ Oui , seigneur ; je mourrais si Ton » me séparait d 1 elle.
» — Heureuse Nicette ! elle t'aime.
» — J'espère ne jamais la quitter; elle » m'a promis que je la suivrais......
» — *• Tu la suivrais ! Nicette , où donc ?
» — Elle doit partir très-prochainement » pour des pays lointains. Lesquels? Je )> n'ai pu le savoir ; mais j'ai la certitude » qu'aussitôt que le baron aura recouvré )> des forces et pourra supporter le voyage, » elle quittera cette vallée pour toujours.
>, — Pour toujours!... répète le comte. »
♦ Et marchant à grands pas dans la salle, il porte sa main à son front, puis tombe accablé sur un siège.