LIVRE VU
Le nouveau coup qui vient de lui être porté a épuisé le peu de vigueur morale qu'il avait recouvré ; l'incohérence de ses discours et la pâleur extrême de son visage, augmentent de momens en momens.
« — Nicette , a-t-il repris d'une voix aftai- ». blie , dis-lui quand tu la verras. . . . Mais non , » qu'on ne lui parle plus de moi. . . A quoi bon ! » Elle en sait assez... Tu vois dans quel état » je suis. Je n'ai plus rien à dire ici-bas. »
L'orpheline effrayée du désordre de ses esprits, le regarde et n\>se répondre."— Ainsi, » poursuit Arthur d'une voix sourde et traî- » nante, si le baron était mieux ce soir, » elle pourrait partir demain.
» —Demain... Oui , seigneur... c'est pos- » sible, p balbutie la jeune fille troublée.
Et ses yeux fixes sur l'amant d'Alaîs peignent la crainte et la pitié. « — Sire Arthur ! m puisque vous l'aimez.....
gs l'étrangère.
» — Qui te Fa dit ! » interrompt le comte avec une espèce de violence.
« — Personne , oh ! personne ! seigneur, »
répond Nicette épouvantée en joignant ses mains avec l'accent naïf du repentir et de la prière. « Pardon! j'avais pensé. ... Je croyais. . . . » Votre langage et vos souffrances.... Je ne » sais plus ce que je dis.
» — « Tu as raison , reprçnd Arthur se le- » vant d'un air égaré , tu parlais bien , tu » disais vrai, y
Et d'un air aussi passionné que ses expressions étaient simples: « — Oui, continue-t-il, » je l'ai aimée. Je l'avoue , je l'ai bien aimée. » Je l'ai beaucoup aimée, Nicette.
» H faut, seigneur, que je vous quitte, »
dit la villageoise tremblante; et elle regardait autour d'elle, cherchant un moyen de s'enfuir.
Ravenstel a repris' du calme, et se ra