‹ L'étrangèreChapitre 45 sur 161 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

prochant de Nicette : « — Intéressante fille ! » dit-il, un page du castel a su te plaire, je » le sais; tu n'as point de fortune, et cet obs- » tacle vous sépare; je veux faire deux heu- » reux avant de descendre au tombeau. » Cette cassette est pleine d'or, elle est ta » dot, accepte-la. Qu'Edovar soit ton époux.

» Il ne faut point que , sur la terre , tous » les cœurs formés pour Famour soient dé- » chires comme le mien.

>» — Qui ? moi ! répond Porpheline, épou- » ser un page du castel ! Non , seigneur Ar- » thur, non jamais.

» — Mais il t'aime ; il possède ton cœur ?

» — Seigneur, je ne puis le cacher , il m'est » cher, et il dit qu'il m'aime; mais je con- » nais mes devoirs, et je ne l'épouserai

» point.

» — Que dis-tu ?

94 l'hTRAWGERE.

m — Edovar , seigneur , est d'une noble » origine. Page en ce moment, il ne tardera » point à devenir écuyer; il sera chevalier » un jour , peut-être même banneret. Je ne » suis point faite pour être sa compagne ; et » quelque douleur que j'en puisse éprouver, » je dois, rejeter son hommage; je l'aime » pour lui plus que pour moi. Loin de ma » pensée l'affreux désir de le déshonorer en » l'épousant} il est ardent et généreux, il » me sacrifierait aujourd'hui son avenir , » mais plus tard viendraient les regrets.... ; » et quand les premiers transports d'amour

» seraient passés, de tardives réflexions

» Non, je ne serai point son épouse.

» —7 Nicette ! y sbnges-tu ! ton cœur

» — Il faut savoir vaincre son cœur ; qui » le veut fortement, le peub-La Providence » m'a fait naître de parens obscurs, je de- » meurerai dans ma sphère ; c'est mon de-

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