‹ L'étrangèreChapitre 49 sur 161 · LIVRE VII. gn · texte numérisé non relu

LIVRE VII. gn

Arthur est sorti du castel. A peine pourrait-il marcher si Tarde ur de sou imagination ne suppléait à la faiblesse de son corps. Le désespoir porte avec lui un principe de vie; son feu, qui finit par dévorer, commence par accroître les forces.

La soirée était belle; jamaiHe coucher du soleil n'avait revêtu la nature de reflets aussi ravissans ; les eaux du lac étaient empreintes des couleurs du ciel; et deux firmamens radieux s'offraient à la fois aux regards. L'air était doux et caressant; Philomèle charmait les bois. Le vallon présentait un aspect trop riant et trop joyeux pour qu'il pût receler dans son sein quelque génie sombre et malfaisant ; aucun événement funeste ne paraissait à redouter en ces délicieux instans , et sous ces fortunés bocages.

Arthur est au pied de la montagne où s'élève l'habitat ion de Valdebourg; il gravit

iOO ^ÉTRANGÈRE.

le sentier tournant qui conduit à la plate— forme ; il est au terme de sa course.

La retraite du baron n'est que faiblement éclairée , Arthur épuisé de fatigue s'arrête au bas du perron. Ses joues sont pâles et glacées. Les battemens de son cœur l'effraient.

Il n'ose avancer plus loin , il recule devant les émotions qui l'attendent; il ne compte plus sur ses forces; et s'asseyant au pied d'une colonne , seul , indigné contre lui-même , il se cherche et se questionne ; hélas ! fl ne se trouve plus , et rien en lui ne lui répond.

Les étoiles scintillaient sur la voûte éthérée ; ses yeux se sont levés au ciel, mais ses lèvres sont immobiles. Les habitudes de son enfance ne l'ont point dressé à implorer lorsqu'il souffrait le grand consolateur des maux. Prier en ce moment eut peut-être été son désir, mais penser ne lui- est pas possi—

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