‹ L'étrangèreChapitre 5 sur 161 · LIVRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE VI

appuyée sur sa main , un jeune hommç a Pair endormi : c'est le comte de Ravemtel.

Hélas ! le sommeil est loin de sa paupière. Il n'est qu'anéanti par la souffrance,. L'accablement de la douleur a quelque chose du repos.

Olburge est debout près de lui j comment se trouve-t-il en ces lieux ? Hélas ! c'est , le funeste génie qui plane sur la vie d'Arthur.

Olburge , le matin même , inébranlable dans ses vues , s'était rendu au monastère de Saint-Irénée. Il n'ignorait point le vif intérêt que prenait le prieur à la destinée d'Izolette, dont la candeur, les vertus et la douce gaieté l'avaient charmé depuis long-temps.

II savait que , sévère en ses jugemens , le puissant chef de Fabbaye , jetant sur les terres soumises à sa juridiction, l'œil d'un souveraih et d'uti père , rfy làikàit point fe vice

impuni. Il lui avait entendu plusieurs fois exprimer du mépris et même une sorte d'aversion pour la proscrite de la vallée; 01burge lui parle en ces mots :

te — Vous vous intéressez , seigneur , au » sort de la jeune Izolette ; eh bien ! le nœud d qui devait faire son bonheur , son hymen , » est presque rompu. •

» — Son hymen rompu ! et par qui ?

» — Par l'intrigante du hameau. L'artifi- » cieuse Etrangère a séduit' le comte de Ra- » venstel. Elle est belle , adroite et perfide. » Arthur , enivré par les poisons de cette » nouvelle Circé , lui a sacrifié Izolette. Ce » cœur, si noble jusqu'à ce jour, a déjà » perdu sa pureté au mystérieux bocage où » l'attirent les voluptés. L'Etrangère sous » peu de temps aura entièrement corrompu » sa belle aroe. La tristesse est au caste! de

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