LIVRE VI
» Montolin ; la douleur accable Izolette , et » je viens implorer votre secours.
» — Mon secours ! et que puis-je faire ?
» — La demeure de l'Etrangère est située » sur vos domaines. Seigneur suzerain de la » rive méridionale du lac , vous avez droit » de vie et de mort sur vos vassaux; et toute » créature avilie....
» — Olburge ! qu'osez-vous me proposer !
» Moi, sur des soupçons et des doutes, atten~ » ter aux jours d'une femme!
» — Seigneur, vous me comprenez mal ; » vous pouvez, sans attenter à ses jours, en i» débarrasser la contrée ; vous pouvez ren<- )> dre le repos et le bonheur à deux nobles » familles, sans commettre d'action injuste.
» Envoyez quérir l'Etrangère. Une femme » de cette espèce peut être gagnée par de )> For; offrez -lui ce brillant appât pour » qu'abandonnant sa retraite, elle renonce à
» Ravfenstël. Tous les trésors de Montolin » vous seront apportés, s'il en est besoin, » pour exécuter ce dessein. Priez , menacez, » commandez , il faudra qu' Alaïs vous cède , » et tout scandale cessera;
j> — J'y consens , répond le prieur après » quelques instans de réflexion. Je ferai » venir l'Etrangère, et vous lui parlerez » ici vous-même ; vous réussirez mieux que » moi. Je hais le vice et le scandale ; mais » quelle que puisse être Alaïs, respectez son » âge et son sexe; point de violence ni d'in- » justice. Songez qu'elle est faible et sans w défense. Soyez ferme sans cruauté ; soyez m adroit sans perfidie. Olburge ! à ce soir » votre épreuve ! >*
Le traître a quitté l'abbaye ; mais l'orage arrêtant ses pas , le force à chercher un abri sous une hutte, auxbofrds du lac: c'était l'asile d'un pêcheur.