‹ L'étrangèreChapitre 52 sur 161 · LIVRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE VII

Le comte de Ravenstel a porté la main à son glaive , il va le tirer du fourreau.

« — Non, Arthur, vous Centrerez point, a » continué le prieur. Insensé , pourquoi ces » outrages ! à quoi te mèneront ces fureurs ! » Est-ce moi qui t'enlève Alaïs ? Si je le pou- >» vais, au contraire, je vous donnerais dès )> demain, à tous deux , la bénédiction nup- » tiale. Faut-il toujours du sang à ton amour, » et le mien t'est-il nécessaire? Eh bien, » plonge ton fer dans mon sein , tu le peux , je » suis sans défense; tu me vaincras sans peine » ici-bas, mais j'irai ^attendre là-haut. »

L'attitude du saint abbé , Fénergie de son langage , et la puissance de la piété , désarment la fureur d'Arthur; il se promène à grands pas sous le portique , et ses esprits se sont calmés.

« — Je le sais, je suis en délire, a-t-il » repris. Mais aussi, est-ce à toi qui n'as ja-

io6 l'étrangère.

» mais senti Ce qu'est une flamme brûlante , » à mesurer la force des passions. Si tu avais » aime, je te dirais : Voici mon cœur, fève- » toi, regarde , juge.... , et tu compatirais n à mes peines. »

Il s'arrête, puis saisissant la main du prieur : < ( — Q U e dis-je ! poursuit-il du son de voix

, » le plus déchirant; non,, je ne mérite point » de compassion; je viens d'outrager, par » mes transports , toi , ton saint ministère et » Dieu lui-même. Il est dans ma destinée de

* » me livrer à tous les excès ; j'étais pourtant

» né vertueux; mais je suis je ne suis

» plus rien. Ah! quen'ai-je eu pour diriger » ma jeunesse et réprimer sa fougue sans )> bornes, un être pieux tel que toi!... Main- » tenant il n'est plus de ressources. Re- » garde-moi ! ne vois-tu pas , n'entends-tu » pas toutes les tortures de mon ame ? Tu » connais sa rage indomptable ; continuer

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