LIVRE VII. * I
sous le péristyle extérieur du pavillon. Alaïs, pâle et chancelante , descend lentement vers Arthur. Elle le cherche , elle l'aperçoit -, et d'abord elle hâte sa marche. Puis, s'arrêtant tout-à-coup , elle reste immobile et indécise. Peut-être, trouvant sa démarche imprudente, a-t-elle eu la pensée subite de retourner sur ses pas....... Mais ses yeux fixés sur Arthur ne peuvent plus s'en détacher. Telle la fleur amante du soleil , immobile et tournée vers lui, contemple l'astre qui l'attire.
Plus belle que l'espérance apparaissant au malheur , l'Etrangère a le*é son voile; et ce seul geste appelle Arthur. Il a couru vers elle, il l'attire sous les arbres de la plateforme. '
• -, Alaïs! s'est-U écrié, prononce mon „ arrêt toi-même. Faut-il vivre? Faut-il » mourir?
lia l'étrangère.
» — Arthur ! dit l'Etrangère tremblante, » il faut vivre , mais non pour ïnoi.
, » — C'est me répondre , Il faut mourir*
» — Arthur , l'honneur et le devoir
» — L'honneur et le devoir ! vains fantô- » mes. Ce qui s'oppose aux lois du sentiment » et de la nature , n'est qu'un règlement de » l'homme et n'est point un ordre de Dieu.
» \Alaïs ! ô ma bien aimée ! plus de présent » ni d'avenir pour moi si tu me bannis de » ta vue. La nacelle sans gouvernail dont w se jouent la nuit sur les flots les ouragans » et la tempête : l'oiseau blessé par le chas- » seur, ouvrant son aile déchirée sur le ga- » zon qu'il ensanglante : la harpe oubliée » parle barde, dont toutes les cordes sont » brisées : voilà ce que je suis loin de toi. »
La douce lumière de la voûte étoilée, en se glissant sous le feuillage, éclairait la belle et noble figure d'Arthur. L'Etrangère y voit