Tome ii. S
i l4 ^ETRANGERE.
Les grandes passions ont l'énergie de l'éloquence. Alaôfs écoutait Arthur ; comment à ses brûlans transports eût-elle pu rester insensible !
« — Jamais tu ne me l'avoueras, poursuit-il , » mais j'ai souvent ému ton cœur. Il doit » être si doux d'être aimée comme je t'aime.
» Au tribunal où tu pouvais me perdre, n'as- » tu pas craint d'exposer ma vie !*... oui, sans h les cruels conseils qu'on te donne , # tu cé- )> derais aux vœux d'Arthur. Ils t'ont parlé , » les cruels , ils t'ont commandé de me fuir, » et à quel titre? de quel droit?.... Alaïs! la » terre écroulée sous mes pas , le feu du * dernier jugement dévorant la nature en- » tière , tous les glaives de l'univers levés à » la fois sur ma tête, le ciel lançant ses » foudres sur nous, rien, non rien, tant » qu'il me restera un souffle d'existence , » ne me séparera de toi,
-LlVftS/YII.' Il5
«. — Que tu déchine^ paon awe! ; répond » l'Etrangère accablée. Eu yaiu ton courage » et ta persévérant voudraient lutter contre » la destinée. Faut-il te le répéter encore * » nous ne pouvons être l'un à Fautre..,. Je h dois à jamais rester ^q)e ; cette idée jadis » ne m'effrayait point; loin du monde et » des humains $ je ne me trouvais qu'isolée.
» Noble Arthur ! hélas ! je Favoiie, je vois » pour la première fois que désormais je » serai seule.
» — Chère Alaïsl ma bien aimée! s'écrie » Arthur; avec transport* TçU la beauté | la » vertu . même !*... toi* qui sans tacite... »
L'Etrangère T^errompC par un ;eri de douleur.
a — S«nstach|e!... répète-tr-elleen secou- » vrant le visage , oh ! ne m'adresse point » ces rçiût*. §ans . t^cbe !>.•. onUx^oreui: 4*- ». thur ! tu ne me connais p^s encore.
Il6 ^ÉTRANGÈRE.
» — Fatal ! effroyable mystère ! dit Ra- » venstel désespéré.
» — Quand je serai morte, poursuit-elle, » et ce sera bientôt ; car ( mettant la main i» sur son cœur) déjà là, je sens le trépas ; » Arthur ! défends ma mémoire ; celle que » tu as pu aimer avec autant de passion de- » vait avoir quelques vertus. A cette même » heure du soir, témoin de nos derniers » adieux , à eette heure silencieuse où les » pensées de douleur pèsent plus fortement » sur Famé , pense à celle qui ne sera plus ; » que son nom erre sur. tes lèvres ! et , dans » tes secrètes prières , plaide sa cause auprès » de Dieu!.*.. J'en ai trop dit; l'heure sV- » vance
» — - Arrête ! arrête ! crie Arthur près » de succomber à ses maux , quelqu'affreu- » ses que soient tes paroles , j'ai besoin du » son de ta voix. Tes accens retiennent ma