‹ L'étrangèreChapitre 61 sur 161 · LIVRE vur. m · texte numérisé non relu

LIVRE vur. m

entrouvre sa paupière, et porte autour de lui ses regards. Une lampe à pâles lueurs éclairait sou appartement; Izolette est près de son lit; et, seule, elle veille en silence.

Dieu ! quel changement en elle ! Ses joues sillonnées par les larmes et creusées par la douleur, ont perdu leurs couleurs vermeilles et leur fraîcheur éblouissante. Les heures que, durant la maladie d'Arthur, elle n'avait pu lui consacrer , elle les avait passées dans la chapelle ; c'était toujours s'occuper de lui ; c'était toujours veiller sur lui. Chez la jeune amante pieuse , la prière est encore un soin , la prière est encore l'amour*

Le feu de ses regards est éteint ; sa gaieté s'est évanouie \ plus de sourire sur ses lèvres, et rien que la mort au fond de l'ame.

Brillante rose du cas tel, jadis on t'avait peint le dieu des cœurs, ceint de guirlandes embaumées, portant la joie et le bon-

heur; tu cherchais partout son image, regardez-toi , voilà l'amour. *

Ravenstel observe Izolette à la clarté du flambeau funèbre. La tête appuyée sur une de ses mains , la vierge est immobile et pleure. Arthur , pendant que la mort le menaçait, et bien qu'il ne parût rien voir , avait pourtant remarqué l'assiduité de ses soins, son entier oubli d'elle-même , et son dévouement absolu. Hélas ! il a troublera vie; il a flétri son printemps; il. a froissé son cœur; il lui a ravi jusqu'au contentement d'elle-ttiême , car souvent l'infortunée se répète ; « — - Si » Arthur ne m'a pas aimée, c'est que sans » doute je n'étais pas aimable. »

Funeste génie , il a brisé tes fils gracieux

qui devaient tisser ses beaux jours ; il a retiré de devant elle toute perspective fortunée; il Tu assimilée à lui-même par des

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