‹ L'étrangèreChapitre 62 sur 161 · LIVRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE VIII

peines irrémédiables. Izolette n'attend plus rien pour elle des temps futurs. Tous ses jours sont égaux , toutes ses sensations uniformes et toutes ses heures pareilles..*. Oh! pourquoi si belle et si pure a-fc-elle aimé si tendrement ! Arthur la regarde avec émotion ; il voit les ravages qu'a faits sur elle sa vive tendresse pour lui ; et la pitié parle à son cœur.

« — Izolette , c'est vous ! dit-il. »

A cet appel inattendu, la vierge surprise tressaille. C'était la première foisi qu'il prononçait ainsi son nom; et le doux accent de sa voix avait pris quelque chose de tendre et d'inaccoutumé. Serait-ce le premier épanchement d'une affection naissante, l'heureux prémice d'un doux rapprochement?

Le cœur d'Izolette a battu de reconnaissance et de joie. Pour rendre à l'amour ses magies, ses illusions et son désordre, alors même

iâ8 l'étrangère.

qu'il désespère, oh! combien il faut.... peu

de chose.

« — Oui , répond la vierge troublée , c'est » moi, je suis là.... toujours là.... L'heureux » moment! Arthur m'appelle.

» — Bonne Izolette ! a-t-il repris , abor- )> dant soudain avec franchise le fatal sujet » d'entretien qu'ils avaient tant à redouter. »> Géméreuse amie qui as si cruellement soufi> fert de mes torts.... quoi! déjà tu me les » pardonnes?

» — Arthur , dit sa douce compagne , j'ai » bien souffert.... mais de tes peines; pour-

» quoi me parler de tes torts? jamais je ne

» me suis plainte de toi. »

Il presse sa main dans les siennes , et poussant un profond soupir. « — J'avais le bon- » heur près de moi, poursuit-ii, et je l'ai » rejeté. Izolette , je t'ai méconnue ; je suis

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