‹ L'étrangèreChapitre 64 sur 161 · TOME II · texte numérisé non relu

TOME II

i 3o. L 7 ÉtRAN(ÈÈRE.

» ajouté : je suis à la fin de ma carrière , je » le sens ; point d'anneau nuptial pour moi.

» ïzolette , j 1 aurai passé parmi les hommes » comme le timide chamois parmi les bruyè- » tes , sans laisser la trace d'un passage. Je » mourrai inconnu; personne ne parlera » d'Arthur. J'avais pourtant en moi le pou- » voir d'être quelque chose. J'avais une anie » active et hardie. Quelque escarpés que fus- » sent les rocs dont la vie humaine est hé- » rissée , je me sentais la force de fe& gravir ; » mais la raison m'a abandonné.... Une vi*- » sion a tout détruit.... qu'elle était belle!... » C'est fini. . ; < loin de moi les songes passe* ! »

Arthur s'interrompt ^an instant; sa respiration gênée ne peut donner un libre passage à l'affluenoe de ses peïisées. •

« -^-'Jasçtette ! cofctimie-t-il , àeàterïààùf âe » héros et de rois, j'aurais dû imitéi* mes » pères; j'aurais pu connaître la gloire, et

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» je rais tomber bbscurétaent sans que nion » trépas ait été plû» remarqué que mât tfié.

» Nid être ici bd* né ta'hoborera d'un rem gret^je iae l'aurai pas -merifé. Toi seule

m pleureras sur ma tctfubf^, toi seule à

» moins quelle aussi ne s'y rende; elle, m Izolette, oui elle ! Tu. sais de qqi je yeux » parler : si taJPy rencontres jamais > ne la » fuis point ,. pleurez ensemble- »

La vierge de Montqlin détourne ^es yeux*;

ses sanglots la suffoquent; elle veut s'éloi-

£ner • Arthur se soulève avec effort, « — Ne » me quitte pas , s'écrie-t-il en étendant, s^es >» bras vers elle. Izolette ! ma sœur ! mon » amie I raisse-moi appuyer ma tête sur ton » sem; c est-là seulement que sans souffrance » je pourrai répandre des larmes. Viens !

>i pour ma douleur ici bas, pas une place » hors cêllé-Iâ; n*en exilé point ton ami....! » Son dernier refuge , c'est toi. »

i32 l'étrangère.

La douce fille du castel s 1 est rapprochée d'Arthur; elle ne peut résister à ses prières; et les paroles de celui qu'elle aime, bien qu'elles déchirent son cœur, ne sont pas sans charmes pour elle.

« — Tu ne l'ignores pas , reprend-il , j'ai » aimé. Lorsque je la vis.... Oh ! pardonne ( , » est-ce à* toi qu il faut parler d'elle... ! Non ,

» mais tu es la bonté même, et puis c'est si

» près.... c'était hier. Avec le temps, et au- » près de toi, si je vis, je pourrai oublier....

» Oui, j'oublierai , mais pas encore!

» Vierge aimante et consolatrice , tu m'es » chère , tu dois me plaindre. Si jamais je » suis ton époux, et que tu surprennes dans

» mes yeux une larme silencieuse. ... , sois » indulgente, ne m'interroge pas : surtout

» n'en sois pas tourmentée. Mes vœux ne

» seront que pour toi ; permets parfois, de

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