‹ L'étrangèreChapitre 71 sur 161 · LIVRE IX. l · texte numérisé non relu

LIVRE IX. l

tel? Hélas! il fuyait effrayé devant les

grandeurs de la terre qui attiraient la foule au castel. Il n'a fait nulle attention aux paladins voyageurs, ni à leurs somptueuses parures, ni- à leur héroïque langage,' ni à leur grâce chevaleresque. On dirait qu'habitué à leur vue , il eri est las depuis long-*, temps. Pas un signe d'approbation-, pas un regard de curiosité , pas une émotion quelconque. Arthur étonnait tout le monde , personne n'étonnait Arthur.

Tandis quç des fêtes nouvelles, soit sur le lac, soit dans les bois, rassemblaient les preux et leur chef, Ravenstel s'écartant de la multitude disparaissait à tous les yeux. Où courâit-il ? On l'ignorait ; il ne le savait pas luimême. La nuit le surprenait , dans ses excursions mélancoliques, perdu sur quelque plage écartée , assis sur quelque roc solitaire.. *

i6o l'étrangère.

Quel charme y pouvait-il trouver ? Nul ne saurait le définir ; la douleur , dans une ame brûlante, a des secrets impénétrables qu'aucun pinceau ne peut décrire. Les mortels

dont les sensations ne sortent pas du cercle commun , et dont les affections s'arrêtent où commencé le grand mouvement des passions , n'ont aucune idée de ces douloureux détails du cœur, de ces déchiremeus variés qui détruisent une existence ; ils vont même jusqu'à douter de leur cause et de leurs .effets. Et cependant, combien ils sont réels !

que leurs angoisses sont affreuses ! Malheur à l'être aimant qui appartient à une nature trop riche et trop vigoureuse ! Si les forces de son cœur ne peuvent se communiquer et s'identifier à l'objet vers lequel il les a toutes portées, elles réagissent sur lui et le tuent.

Arthur ne s'approche jamais de la demeure de Valdebourg; cependant, il s'ip~

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