‹ L'étrangèreChapitre 8 sur 161 · LIVRE VI. il · texte numérisé non relu

LIVRE VI. il

» tombé par vous dans le crime , je suis dé- » shonoré. Vous avez porté le feu, à vous » appartient la gloire de l'incendie. Non, ce » n'est qu'à l'heure suprême qtie votre ap- » proche ne me sera plus odieuse. A ce mo- » ment solennel où l'oubli des ressentimens » est commandé par la terreur, j'aurai le )# courage de vous regarder. Alors seule-

» ment je pourrai vous tendre la main

» Olburge , vous saurez pourquoi ; vous m'au- » rez d'avance compris.

» — Arthur ! vois sens sont égarés . Com- » bien vous trompez mon attente ! Jadis , » quand votre cœur souffrait, il ne se touriv nait pas avec rage contre son guide et son » ami ; il lui confiait ses chagrins. Il portait » au ciel aies prières.

» — Il peut encore les y porter, répond » Arthur d'tine voix sombre ; mais ce n'est » pas à votre exemple, philosophe systéma-

m tique. Vous avez laissé constamment errer » mon imagination trop ardente , hors de )> toute limite, sans l'appuyer sur de saints » devoirs , et sans lui donner d'autres guides )> que de stériles théories et de vides rai- » sonnemens ; aussi l'arbre a porté son fruit. » Le repentir, il est vrai, reste.au coupa— » ble ; mais votre présence me glace. Vous » étant là , mon cœur se serre ; tout senti- » ment doux s'y éteint ; je ne saurais prier » devant vous.

» — Que parlez-vous de repentir?....

» — Portez vos regards sur mon glaive.

» — Votre glaive ! il . est teint de sang ; » mais....

» — Je suis digne de vous , Olburge. »

De crainte d'augmenter les souffrances d'Arthur, d'envenimer ses blessures, et de lui porter par-là des coups mortels peutêtre, Olburge n'ose prolonger l'entretien.

Page 1