LIVRE ix. l
» pour un héros! restez sur vos sommités » sociales • et laissez loin au-dessous de vous » les régions du sentiment; je vous parle là )> le langage que vous me teniez tout à » Theure. Croyezr-moi, retournez aux camps.
» Le souffle orageux de l'amour se perdra » sous les nuages d'encens dont vous entou- » rera la gloire : une tête ardente , et un » cœur froid , voilà ce qu'il faut aux favoris » de la victoire. Montez au pouvoir , gravis- » sez les hauteurs terribles d'où l'homme )» peut jeter un œil de dédain sur la des- » tinée des autres hommes , où sa main tient » comme à la lisière ce géant armé , dit la loi, » qui toujours esclave des grands , n'est le » " maître que des petits; élevez-vous , montez >r sans cesse, vous ne souffrirez plus du cœur; » sa voix éteinte sera morte au milieu des )) acclamations humaines. La fièvre de la » domination aura dévoré en vous tous les
iS4 l'étrangère.
» germes de sentiment. Vous n'aurez plus à » craindre ici-bas que les vertiges qui sai- » sissent l'être élevé , et qui le font chance- » 1er , étourdi , aux hauteurs inaccoutumées. » d'où il plane sur les abîmes. Montez , vous i» serez colossal..... vu à la distance des » temps. Peut-être il vous faudra des vie— » times y c'est le marche-pied des grandeurs; » qu'importe ! il en faut sur la terre. Soyez » grand , autant vous qu'un autre.
» — Ravenstel ! répond douloureusement » Guillaume, vous parlez des sentimens du )> cœur qui paraissent être les vôtres ; mais » parmi eux est la générosité , et je vois que » celui-là du moins vous est inconnu. Un » malheureux est devant vous , il souffre , il » vous confie ses peines; c'est la 'pitié qu'il » implore , c'est l'ironie qui lui répond*
>, — Vous avez raison , sénéchal ! mais la » souffrance portée à l'excès dessèche et tue