‹ L'étrangèreChapitre 85 sur 161 · LIVRE DIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIEME

Enfin il luit le grand jour qui doit éclairer Punion d'Arthur et dlzolette. Ce n'est point à la chapelle de Montolin , c'est à l'église de Saint -Irénée que la bénédiction nuptiale sera donnée aux époux. Arthur l'a exigé , il a fallu y consentir. Les chevaliers réunis au manoir ont trouvé ce désir bizarre; Izolette et. son père n'ont pu s'en expliquer le motif; le prieur seul l'a dû comprendre.

Toujours environnée d'horilmages ,1a vierge de Montolin , désespérée, ne peut jamais converser sans témoins avec le bien-aimé

de son cœur. La vue d'Arthur, quelques doux entretiens, des confidences réciproques, voilà ce qu'elle eût désiré, voilà ce qui eût rapproché leurs âmes et préparé leur bonheur futur ; hélas ! de funestes circonstances et un destin contraire se sont constamment opposés au vœu de la tendre Izolette. »

Si Théntière du castel, loin du monde et de ses plaisirs, eût pu ne s'occuper que d'Arthur, elle eût effacé par degrés le souvenir de l'Etrangère. L'empire de ses vertus et de ses charmes eût triomphé de Ravenstel. Il aurait fini par connaître le trésor qu'il possédait ; et la gêne qui perçait encore dans les expressions de sa tendresse eût insensiblement fait place à l'abandon d'un amour vrai , moins énergique et moins enivrant peutêtre que celui qu'Alaïs lui avait inspiré, mais plus paisible et plus heureux. Oui , s'ils

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