‹ L'étrangèreChapitre 86 sur 161 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

avaient pu se. parier , être tout entiers F un à Fautre , leur destin mutuel eût été sans doute changé , et leur avenir eût été différent.

Mais il leur fallait la solitude , et toute une

cour est au castel ; ils auraient dû avant Fhymen nç se quitter presque jamais , et ils sont

toujours séparés.

Les divins attraits de la vierge de Montolin, son doux sourire et sa voix touchante ont un tel pouvoir sur Arthur , que souvent , et même malgré lui , ils Farrachent à ses pensées de douleur. Comment Famour chaste et dévoué d'Izolette , son langage expressif et tendre n'auraient-ils point entièrement gagné le cœur de Ravenstël , s'ils avaient pu plaider leur cause ! Mais le couple prêt à sHmir ne peut ni se voir ni s'entendre. Le génie des jeux et des fêtes, entourant les époux futurs de ses pompeuses assemblées et fie ses joies bruyantes, brise \enxB deux coeurs en riant.

Izôlette en vain cherche Arthur ; une foule d'admirateurs est entre elle et lui. L'encens quelle dédaigne brûle à ses pieds ; celui qui seul l'enivrerait ne s'allume jamais pour elle. Bien des voix célèbrent ses charmes , elle n'en voudrait entendre qu'une,.... et c'est lq. seule qui se tait.

, Quelle affreuse nuit pour Arthur que celle qui a précédé le jour de son hymen ! Tant qu'il n'avait vu que de ïoin l'instant qui enchaînait à jamais sa liberté , il l'avait envisagé avec calme ; mais il approche , il est venu ; et le malheureux a passé comme sur un lit de flammes Les heures consacrées au repos. Le sommeil a fui dp sa couche. Ses nerfs tendus et irr/tés lui semblent près de se briser. Sert sang cfr ule j embrasé , dans ses reines. Au dehors de lu, i-taéme , il n'a que

>ies image» 4e la nwrt} au dedaitt* qm W pensées du délire.

des efforts qu'il a faits depuis si kmg-r terops pour dissimuler ses souffrances, Je feu intérieur qu'ft recouvre et qui l'a peu à peu dévoré , les violences qu'il réprime , tout eu lui a épuisé ses forces. Eu yain sa jeunesse robuste lui promettait de longues un* nées , il a desséché , 11 a tari lui-même toutes les sources de sa vie. Il se complaît dans Tidée prochaine de aa fin , il ne voit pour lui dam la série des jours à venir qu'une longue file de supplices. La réflexion, loin de lui présenter un refuge consolateur, ne lui offre qu'un npir abîme* Ses tourtaens ont appelé la mort , sa pensée en eet l'agonie*

IzoJette attend son époux* EUe a passé la nuit en prière; et les pensées célestes parties de son eœpr vqre l'Éternel auraient en tome u. i3

quelque sorte recouvert ses traits de leur sublimite pieuse comme d'une nuée angelique. L'ame, invisible flambeau, lumière cachée, souvent quand la vertu l'exalte, répand sur le visage de l'homme ses mystérieuses clartés.

Ravenstel a vu sa compagne , et ses attraits l'ont ébloui; sa parure est magnifique; jamais beauté plus séduisante n'avait appelé les amours. Quelle harmonie en ses traits charmans! quel trouble enchanteur en ses tendres regards! quel charme en son doux accent! La couronne virginale est sur son front; ses beaux cheveux noirs et bouclés sont relevés gracieusement par des chaînes de pierreries dont un voile presque aérien ne cache point l'éclat brillant. Sa robe est de gaze d'argent garnie de guirlandes fleuries.

Moins belle se montra Psyché quand, par tout un peuple ravi , elle fut prise pour Vénus.

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