LIVRE X. I
Le comte de Ravenstel porte aussi les vètemens les plus riches; mais sur son costume brillant d'or et de broderies il a jeté un long manteau dont la forme paraît étrange, et dont la blancheur éclatante a quelque chose de sinistre. On dirait la robe fatale d'une victime des temps antiques prête à marcher au sacrifice.
Arthur est debout devant Izolette, il la contemple et se tait. Izolette baisse les yeux ; elle craint que des larmes s'en échappent ; elle avait espéré quelque parole affectueuse;
Par un geste involontaire elle lui a tendu sa main tremblante; sans savoir non plus ce qu'il fait, Arthur l'a portée à ses lèvres. Mais que ce simple mouvement a satisfait le cœur d'Izolette!.... comhie elle se sent plus heureuse! comme il a éclairci ses pensées!
et que la lumière du jour est devenue plu*
ig6 l'étrangère.
pure à sa vue ! Arthur pousse un profond soupir , le tendre regard d'Izolette y répond ; tous deux ils se sont retrouvés.
« -r- L'autel est prêt et nous attend, dit le » sire de Montofin , partons !
» — Partons ! répète Arthur. »
Il se tourne vers l'assemblée j il aperçoit près de lui Guillaume des Barres dont le visage est pâle et abattu* L'expression de tristesse empreinte sur la physionomie de l'illustre chef, et l'altération visible de ses traits, témoignent assez ce qu'il souffre en assistant à l'hymen d'Izolette» Ravenstel , passant près de lui , a serré sa main avec émotion. Puis r détournant brusquement la tète, il a pris rang dans le cortège; et la foule s'est mise en marche.
Le lac était couvert de nacelles chargées 4es villageois d'alentour et des conviés à la