‹ L'étrangèreChapitre 88 sur 161 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

fête. Une gondole parée de fleurs , el dont les mâts dorés soutenaient des voiles de pourpre , a reçu le comte de Ravenstel et sa belle compagne. De jeunes enfans , armés de carquois et de flèches , sont grouppés entre les cor» dages légers de cette conque de Cy thère, et balancent sur eux des palmes» Plusieurs cassolettes de parfums brûlent à la proue de l'esquif; et leurs vapeurs suaves, montant dans les airs en colonnes, offrent, comme à travers des nues , les joyeux essaims d'Amathonte. Une musique harmonieuse parait sortir du sein des ondes. On eût dit un chœur de Nayades célébrant l'hymen et l'amour.

La gondole suzeraine 9 dont une brise embaumée enfle les voiles , court aussi ra pide que l'amant de Flore lorsqu'il emporte , triomphant , l'essence des fleurs d'un bocage. Le disque du soleil, élevé à l'orient , couvre de ses jets de flamme les verts coteaux de

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Montolin ; et le lac , dont les flots pousses par de légers courans , sont repoussés par des vents contraires , scintillé aux rayons du grand astre, et semble un lit d 1 ëtoiles magiques.

Autour de l'esquif d'Izolette se glissent rapidement , et comme poussés par des silphes y des canots chargés de guerriers dont lés boucliers et les casques étincèlent de mille feux. Les bannerets ont paré leurs fronts de panaches à couleurs vives et variées. Leurs lances fleuries et baissées saluent la déité du lac; et, semblable à la fleur qui n'exhale ses plus doux parfums que lorsque le zéphir l'agite , Izolette , émue , enivrée , pleine de crainte et d'espérance , s'offre aux yeux de la multitude plus séduisante que jamais.

Quand elle regarde son époux, que de douces paroles et de tendres aveux sont sur

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