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Il était fier alors de ses pensées pleines d'exak tation , de son audace illimitée j de sa franchise fougueuse, de la surabondance de moyens que lui avait départis le sort; l'infortuné ! oe faisceau de liens mystérieux qui , enorgueillissant son âme) le portait constamment rets le sublime et l'infini , ne formait en lui cependant qu'un tout funeste à l'humaine nature, qu'une puissance destructive qui, de secousses en secousses , devait le conduire à sa perte» Ahl malheur au mortel à imagination ardente r qui se jouant de sa na-r ture, ne cherche point à la dompter *. et qui se confiant à ses propres forces > ne veut pour guides que lui-même !
La gondole suzeraine est au milieu du lac.
C'est là**** Aavenstel croit reconnaître là place; oui > c'est là que le batelet mystérieux fuyait devant l'esquif armorié,.. *. Merveil—
leuse apparition ! qu'es-tu devenue?... Le comte redemande aux flots la déité enchanteresse et sa nacelle solitaire.
Bientôt la plaine humide cesse d'absorbeir son attention. Il a porté sa vue au-delà. Le lac et ses féeries , la vallée et ses prestiges , les airs et leur douce harmonie , tout s 1 est évanoui pour lui devant un seul objet.... La cabane de l'Etrangère.
Ses yeux , son esprit et son cœur sont sous le toit de l'exilée, à l£fontaine de la Madone, entre les arbres du bocage; il voit la nymphe mystérieuse; il lui parle, il tombe à ses pieds... ; il n'est plus pour lui d'Izolette.
La vierge de Montolin l'observe Elle
aperçoit sur la rive voisine le fatal bosquet d*Alaïs ; le sombre abattement d'Arthur ne
lui est que trop expliqué Elle parle, il ne
l'entend plus; elle l'appelle, point de réponse. Hélas ! la fête et ses plaisirs disparais-
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sent aussi pour elle Tout se désenchante
à sa vue. Les rêves de l'espérance et les illusions de l'amour tombent , dissipés à l'instant , devant la cabane isolée.
Un magnifique arc de triomphe avait été dressé sur la rive où devaient débarquer les époux. A la vue de ce monument qui paraissait avoir été élevé tout-à-coup à la simple parole de quelque génie , des cris d'admiration partent de l'esquif d'Izolette. Elle profite du moment ; et tandis que l'attention générale était tournée vers cette merveille de la fête , la vierge s'approche du comte j et d'une voix douce et timide : « — Arthur ! cher » Arthur ! lui dit-elle , si vous n'êtes point » où je suis, ah! du moins, je suis où vous » êtes. Mon ami , laissez-moi vous suivre en )> pensées ainsi qu'en actions ! soyons énsem- » blé»... n'importe où. ».
204 l'ÉTRàHOEIE.
La gondole aborde au rivage , et toute la population de Saint-Irénée salue de ses ac~ clamations réitérées le beau couple de Montolin. Des harangues villageoises sont adressées à Pépoux futur de la généreuse bienfaitrice du canton. Le comte n'a ni la force d'y prêter l'oreille , ni la volonté d'y faire une réplique ; il lui faudrait en ce dernier cas témoigner au peuple quelque satisfaction , et Arthur ne dit jamais que ce qu'il pense , n'ex« prime que ce qu'il ressent. Izolette est donc forcée , elle seule • de répondre aux témoignages d'amour des campagnards reconnaissans. Mais en leur adressant ses paroles , des larmes baignent son visage. La multitude ravie • jouit de cet attendrissement qu'elle se flatte dWoir causé; Izolette pleurait Arthur*
Pâle et le front baissé, il a passé sous tare de triomphe comme un condamné sous l'échafaud. Une sueur froide mouille