LIVRE X
giêux , est venu au-devant des époux. Les joues d'Arthur se sont vivement colorées j il fixe d'un œil hagard et interrogatif le prêtre qui connaît ses secrets. Un léger signe de l'abbé répond à la question muette ; Alaïs est au monastère.
Ils sont entrés sous le portique. Du haut des marches du perron Izolette salue le peuple et distribue ses dons aux pauvres. « — Hon- » neur et gloire au comte Arthur ! Amour à » l'heureuse Izolette ! s'écrient avec enthou-* » siasme les habitans de Montolin. »Le prieur se tourne vers Ravenstel ; il voit son air sombre et sinistre , il a frémi. << — Amour à l'hëu- • v reuse Izolette! répète la foule charmée.
» — Grand Dieu ! prends pitié d'Izolette !
» répond le prieur à voix basse. »
Parmi la multitude assemblée , ceux qui avaient assisté au fameux jugement d' Alaïs
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remarquent la tristesse d'Arthur, et ne s'en étonnent point. Son amour pour TE trangère leur avait été démontré ; ils voient facilement que le comte , séparé par un sort contraire de celle qu'il aime , épouse à regret sa rivale ; malgré les charmes <PIzolette, ils se rappellent Alaïs , et leur intérêt tout entier est pour Pexîlée du vallon.
Le page d'Arthur, Edovar, avait suivi son maître. Tout-à-coup la douleur et le courroux sp peignent sur ses traits ; Ravenstel en cherche la cause et Ta bientôt trouvée.
Parmi les villageois réunis au bas du perron , Nicette , pâle et pensive , s'appuie en chancelant sur le bras d'un des pâtres de la vallée. Elle évite les yeux du page; la souffrance et le regret dominent son cœur,
mais ne troublent point sa raison* Celui qui raccompagne n'est ni jeune ni beau, jnais