‹ L'étrangèreChapitre 93 sur 161 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

il est Fépoux'que sa mère lui avait choisi, et Nicette l'épousera.

Quel exemple de force et de sagesse donné de nouveau à Arthur!... Vaincre l'amour est donc possible. Le visage de l'orpheline, abattu et décoloré, dévoile bien, il est vrai, les combats intérieurs de son ame; mais au milieu de ses chagrins, quelque chose de satisfait brille en ses timides regards ; c'est la joie d'un devoir rempli , l'espoir d'être toute aux vertus , le contentement d'un cœur pur.

Le comte de Ravenstel et sa compagne entrent enfin dans l'abbaye. Déjà les flambeaux de l'hymen sont allumés à la chapelle. Le prieur guide les époux j et après avoir traversé une suite de vastes salles, ils arrivent à la grande galerie du monastère, attenante au chœur de l'église. Là doit s'artome 11. «4

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rêter Iwriette, en attendant que tout soit prêt à Tautel pour la recevoir ; là doivent

se reposer un instant des fatigues de la route et les époux et leur cortège.

L'enceinte est décorée avec pompe ; elle est entourée de statues en marbre et de vases du plus grand prix. Des tapis somptueux couvrent ses pavés; des fleurs enlacent ses colonnes ; des étoffes de pourpre et d'or décorent ses antiques murailles. Torcrt est gracieux et splendide , élégant et majestueux; c'est plus que le salon des rois, c'est Tentrée d'un palais des cieux. '

Mais en vain toutes les richesses de Fart sont déployées devant Arthur; rien vtè le charme; tout a pris les couleurs de sa pensée ; tout lui paraît noir et lugubre* Encore quelques instans , et son destin f lié pour jamais à celui d'Izolette , sera pour jamais séparé de celui d'Alaïs. Sa respira-

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tiou eit prc$p& ; ses gefloux le soutiennent £ peine; un froid glacial coule dans sç$ veiwfc, puis est remplacé tout- à -coup par uue flamme brûlante. Il tressaille à chaque instant, et ses mouvemens sont désordonnés. Sa voix est sinistre , son œil est égaré» En traversant lé monastère , tantôt il marchait à pas pre^ ses , comme S*il croyait ae pouvoir )f&mi& arriver à temps* aux lieux où il était attendu ; tantôt il demeurait immobile, comme si quelque perfide enchanteur venait de te ihwger eu statue. Enfin , souvent mêlé dans la foule r et s'imagtnaiit être seul , il m parle, 011 ne sait 4e quoi; il répoud, on ne sait

I wlçtte a çQftstatfttneat suivi tous ses mov^r

vemens et cherché toutes ses pensées. EU#

affecte Pair du bonheur ; elle s 1 efforce d'attirer

stfr eUe Tattemion générale, pour quelle ne

reporte point wr Arthur; $Ue captive , par

un entretien animé, les chevaliers qui l'environnent , afin qu'ils n'observent point son époux. Elle veut paraître confiante et paisible j oh ! que son ame est torturée !

Une des croisées de la galerie est ouverte, elle donne sur un magnifique balcon qui domine toute la campagne; le comte de Ravenstel y porte ses pas ; il étouffe , il a besoin d'air. L'excès de ses tourmens a fini par l'isoler complètement au milieu de ceux qui l'entourent. Il n'est plus d'usages sociaux , de retenue ni de bienséances pour le mortel au désespoir; il agit, il va librement; l'opinion publique ne lui est plus rien ; il ne fait nul cas de lui-même. Il méprise et hait ses semblables , que lui importe leur estime !

Quel spectacle Arthur considère ! Sur les eaux bleuâtres et transparentes du lac , une

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