‹ L'étrangèreChapitre 98 sur 161 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

» vant uq public assemblé, son père , Féglise » et Dieu lui-même. Vierge sans tache, vous » allez m'accompagner dans le temple , à » moins que Ravenstel ne se refuse devant » moi à vous donner le nom d'épouse. Àr- » thur, parlez!.... Foserez-vous ? »

Le comte demeure interdit; il couvre son visage et ses yeux des longs plis de son manteau blanc ; il est hors d'état de répondre.

La douce et modeste fille du castel que ses inexprimables tourmens ont sortie de sa nature habituelle, s'abandonne alors tout entière à l'élan généreux de son ame , sans que néanmoins un seul instant sa grâce ingénue l'abandonne. Elle écarte d'une main timide le prieur de Saint-Irénée ; et, plus touchante que jamais, arrachant le voile qui parait son front chaste et pur, détachant les fleurs et les pierreries qui s'enlaçaient aux boucles gracieuses de sa chevelure , jetant la coutome it. i5

ronne virginale qu'avec tant de joie le matin elle avait posée sur sa tête, se dépouillant enfin de toutes les parures nuptiales , de tous les présens de l'hymen , elle se précipite aux pieds du comte* « — Arthur ! tu le vois, s'é* » crie-t-elle , ma résolution est. prise , mon

a sacrifice est consommé C'est moi

» présentement qui t'implore pour que tu » ratifies ma conduite* Le prieur n*a nuls » droits : sur nous, et je suis libre de moi* » même* Le scandale ! il n'est que dans le » crime, et c'est la vertu qui me guide.

» L'honneur et te devoir me crient : a Ne D fais point le malheur d'Arthur! m.... Il » n'est désormais qu'un seul voile qui con- » vienne au front d'Izolette, et c'est pçur ki Dieu que je le prendrai.. .. Dieu seul pou* » vait te remplacer. Plus de fleurs, plu» de m pierreries... J'ai vu, du balcon de la fête, » le couvent des bénédictines.. •• C'est Le ciel

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