CHAPITRE III
INTERPRÉTATION DES HYPOTHÈSES NOUVELLES: EXTÉ- RIORISATION. SUBCONSCIENCE SUPÉRIEURE
Sommaire : I. Rapports de l'extériorisation et de la subconscience supérieure. — Ce sont deux aspects d'une seule manifestation.— Hypothèse de l'être subconscient extériorisable.
— Caractères connus de l'être subconscient extériorisable. — Caractères organiques. — Facultés. — Connaissances.
II. Origine de l'être subconscient extériorisable. — L'être subconscient extériorisable est-il produit du fonctionnement cérébral ? — Examen rigoureux de cette dernière hypothèse.
— Cette hypothèse doit être rejetée comme irrationnelle, insuffisante, contradictoire avec certains faits.
III. Recherche de l'origine de l'être subconscient extériorisable par l'analyse de ses connaissances. — L'être subconscient est le produit synthétique d'une série de consciences successives qui se sont fondues en lui. — Conscience et subconscience supérieure. — Leur rôle et leur rapport réciproque. — L'être subconscient est l'individualité permanente, préexistante et survivante.
I. — Des rapports de l'hypothèse « extériorisation » et de l'hypothèse n subconscience supérieure » f.
Les rapports entre le phénomène général « extériorisation » et le phénomène général « suhconscience supérieure » sont évidents.
1. Le mot subconscience, employé parfois isolément pour simplification dans ce chapitre, désignera toujours la subconscience supérieure.
HYPOTnÈSES NOUVELLES : EXTÉRIORISATION. SUBCONSCIENCE 81
Je rappelle, pour mieux faire saisir ces rapports, les principales constatations relatives à l'un et à l'autre.
1° Extériorisation. — Une portion de la force, de l'intelligence, de la matière peut être extériorisée de L'organisme, agir, percevoir, penser, organiser, en dehors des muscles, des organes des sens et du cerveau.
Cette extériorisation n'est possible, en majeure partie, que pendant et par les états hypnotique, somnam-. bulique, médiumnique.
La force intelligence extériorisante échappe, en majeure partie, à la volonté et à la connaissance normales et subit la direction de la subconscience.
2° Subconscience supérieure. — Il est en nous un ensemble de facultés et de connaissances subconscientes qui se distinguent nettement des manifestations de la subconscience automatique classée et décrite en psythologie par leur étendue, leur originalité, leur autonomie, leur caractéristique générale.
Elles constituent une subconscience supérieure qui n'est appréciable, en majeure partie, que dans et par les états hypnotique, somnambulique, médiunmique el par les phénomènes d'extériorisation qu'elle dirige.
Les rapports, on le voit, sont constants de l'extériorisation à la subconscience supérieure.
Même origine : les états psychiques anormaux.
M crue mode de manifestation.
Même indépendance de la volonté consciente.
Dépendance étroite, réciproque : l'extériorisation et la subconscience supérieure se manifestant lune avec l'autre et l'uue par l'autre.
La conclusion s'impose :
L'extériorisation et la subconscience supérieure sont deux aspects, inséparables,, de la même manifestation psychique.
Par conséquent, nos deux hypothèses se ramènent logiquement à une hypothèse unique, que l'on peut exposer ainsi :
Une portion de la force, de l'intelligence et de la matière peut être extériorisée de l'organisme, agir, percevoir, organiser et penser en dehors des muscles, des organes des sens et du cerveau. Elle n'est autre que la portion subconsciente élevée de l'Etre. Elle constitue véritablement un Etre subconscient extériorisahle coexistant dans le moi avec l'Etre conscient normal.
Interprétation de la subconscience extériorisable. — Nous pouvons rechercher maintenant quelle est l'origine, la nature intime, le rôle de l'Être subconscient extériorisable ; en un mot, des constatations positives dont nous ne sommes pas encore sortis, tirer toutes les déductions compatibles avec la méthode scientifique.
Je résume tout d'abord ces constatations positives ;
L'Être subconscient extériorisable présente essentiellement à l'observation :
Des caractères organiques :
Des facultés ;
Des connaissances.
Principaux caractères connus de l'Être subconscient extériorisable. — a) Caractères organiques. — Substratum de substance fluidique servant de véhicule
à la force, la sensibilité et l'intelligence subconscientes.
Cette substance fluidique est homogène, inaccessible aux sens normaux, impondérable, capable de traverser les obstacles matériels, susceptible d'être projetée partiellement fort loin du sujet.
Elle est visible pour les sensitifs en état d'hypnose.
Elle est accessible aux investigations du magnétiseur par la recherche méthodique de la sensibilité extériorisée.
Cette sensibilité semble répandue sur toute sa surface, et condense en un sens unique les sens divers du sujet.
La substance fluidique peut être modelée dans des formes diverses, sous l'influence de la volonté subconsciente.
Dans son extériorisation, elle entraîne parfois avec elle des molécules organiques ; elle peut alors intéresser la vue et les autres sens d'une personne quelconque. Les molécules ainsi entraînées sont modelables, comme la subtance fluidique elle-même, par l'intelligence subconsciente.
Enfin, dans l'état normal, la substance fluidique oxtériorisable rayonne plus ou moins loin de la périphérie de l'organisme, mais elle ne s'extériorise notablement que dans les états hypno-médiumniques.
b) Facultés de l'être subconscient. — L'Être subconscient a deux catégories de facultés :
La première catégorie comprend les facultés et capacités psychiques analogues, comme essence, aux facultés conscientes, et n'en différant que par leur de-
gré de puissance et par leur soumission à une volonté qui n'est pas la volonté du sujet normal.
La deuxième catégorie comprend les facultés dites transcendantales :
Facultés d'action a distance (sensibilité, vision, motricité).
Facultés d'action de pensée à pensée.
Facultés organisatrices et désorganisatrices sur la matière.
Enfin lucidité.
c) Connaissances de l'être subconscient. — Les connaissances doivent être divisées en deux groupes :
1° Connaissances acquises par les voies sensorielles normales ;
2° Connaissances ne venant pas des voies sensorielles normales.
Le premier groupe doit être subdivisé, il comprend :
a) Les connaissances qui ont été acquises sciemment et oubliées et passées dans la subconscience. (On sait que les acquisitions même insignifiantes, oubliées depuis longtemps, peuvent être retrouvées sous des influences émotives ou anormales.)
b) Les connaissances acquises par les voies sensorielles normales, mais à l'insu de l'être conscient. (Tout ce qui a pu frapper nos sens se peut retrouver dans la subconscience.)
Le deuxième groupe comprend toutes les connaissances qui n'ont pu être acquises par les voies sensorielles normales :
Ainsi, la notion nette d'événements éloignés, passés
ou futurs, que l'être conscient n'a pu apprendre ni directement ni indirectement.
Ainsi, surtout, les acquisitions psychiques complexes, ignorées de 1 être conscient et qui ne peuvent lui être dues :
Connaissances scientifiques, artistiques, littéraires, professionnelles, etc., non apprises.
Connaissance précise d'une langue ignorée du sujet normal, etc.
Maintenant que nous connaissons suffisamment l'Être subconscient extériorisable, nous pouvons tenter d'en chercher Y essence intime et Y origine.
Pour mener à bien une pareille recherche, il est indispensable de faire abstraction de l'immense intérêt qu'elle présente, de laisser momentanément de côté toute opinion philosophique préconçue et de suivre pas à pas la méthode scientifique.
Conformément à cette méthode, qui enjoint d'aller toujours du connu à l'inconnu, nous devons essayer lout d'abord d'adapter à l'interprétation de la subconscience l'explication physiologique acceptée généralement pour la conscience normale.
Nous devons en d'autres termes nous poser la qui lion suivante :
Le fonctionnement des rentres nerveux, auqur! on rattache les manifestations de la conscience normale,
peut-il expliquer également les manifestations de la subconscience extériorisable ?
Ce n'est là, remarquons-le bien , qu'une hypothèse, laquelle, toujours conformément à la méthode scientifique, ne devra être acceptée comme probable que si elle remplit les conditions imposées :
1° D'être logiquement déduite des constatations positives ;
2° D'être suffisante ;
3° De n'être en contradiction avec aucun fait.
C'est ce que je vais examiner.
1° L'Hypothèse « Subconscience supérieure extériorisable est fonction des centres nerveux » est-elle logiquement déduite ? — Puisque cette hypothèse est basée sur une analogie prétendue d'origine entre la subconscience supérieure et la conscience, nous pouvons nous guider sur les preuves données par les physiologistes en faveur de l'explication de la conscience par le fonctionnement cérébral. Les preuves, on le sait, sont les suivantes (voir chapitre premier) :
Corrélation étroite entre l'anatomo-physiologie et la psychologie ;
Activité psychique proportionnelle à l'activité fonctionnelle ;
Activité psychique inséparable du fonctionnement organique.
Or, les conditions de manifestations de la subconscience supérieure sont inverses de celles de la conscience :
Pas de corrélation étroite constatée entre l'anato-
mo-physiologie et les manifestations subconscientes élevées.
Activité subconsciente en raison inverse de l'activité fonctionnelle, puisque sa condition essentielle est le sommeil, c'est-à-dire le repos organique (sommeil hypnotique, médiumnique ou naturel).
Activité subconsciente séparable du fonctionnement organique (extériorisation), et d'autant plus forte que l'extériorisation est plus complète.
Par conséquent, si les arguments donnés en faveur de l'hypothèse :
Conscience est fonction du cerveau,
si ces arguments sont logiques et rationnels, ils imposent une conclusion contraire en ce qui concerne la subconscience, et forcent d'admettre que : la subconscienec supérieure n'est pas fonction du cerveau.
Le raisonnement me parait irréfutable : il y a rigougoureusement autant de présomptions contre l'hypothèse :
Subconscience supérieure est fonction du cerveau qu'il y en a en faveur de l'hypothèse :
Conscience est fonction du cerveau.
Continuons l'examen de l'hypothèse fonctionnelle, on nous plaçant à un autre point de vue :
La fonction subconscience, échappant en majeure partie à la volonté et à la connaissance de l'être dans sa vie régulière, ne jouant r/u'un. rôle effacé dans sa vie régulière, serait une l'onction en majeure partie inutilisée et inutilisable.
Or, conformément à la doctrine évolutionniste, une
fonction en grande partie inutile n'est jamais qu'une fonction accessoire et de faible importance.
Mais si cela est vrai de la subconscience inférieure, cela précisément ne saurait s'appliquer à la subconscience supérieure, plus élevée que la conscience normale, dont les connaissances emmagasinées sont infiniment nombreuses, dont les facultés transcendantales d'action à distance et de lucidité auraient, soumises à la volonté consciente, une importance pratique immense.
Si la subconscience supérieure est une fonction, c'est une fonction à la fois très importante et en majeure partie inutile: ce qui implique une contradiction insoutenable.
Dernier argument contre l'hypothèse fonctionnelle:
Nous savons que l'une des facultés de la subconscience extériorisable est un pouvoir organisateur et désorganisateur sur la matière.
Il serait donc plus logique de faire dépendre l'organisme du pouvoir organisateur de la subconscience que de faire de la subconscience un produit organique.
De cette série d'arguments découle la conclusion fort nette :
L'hypothèse subconscience supérieure est fonction des centres nerveux est illogique et irrationnelle.
Reste-t-il, malgré tout, un doute? Passons sur ce caractère illogique de l'hypothèse et soumettons-la aux autres épreuves de la méthode scientifique.
2° L'hypothèse « Subconscience supérieure est fonction des centres nerveux » est-elle suffisante ? — Or, il est facile de se rendre compte que cette hypothèse n'explique rien : ni les faits d'extériorisa-
tion, ni les facultés transcendantales, ni les connaissances subconscientes.
Cette hypothèse admise impliquerait un corollaire indispensable :
L'aveu d'ignorance et d'impuissance de la physiologie à la faire comprendre.
3° Enfin, l'hypothèse n'est-elle en contradiction avec aucune constatation positive? — Au contraire, elle est en contradiction avec certains faits télépathiques réalisés plusieurs semaines après la mort du sujet transmetteur.
Klle est en contradiction avec certains faits médiumniques, tels que la constatation de facultés et connaissances subconscientes importantes chez des enfants dont le cerveau commence à peine son développement l.
Elle est en contradiction, surtout, avec la constatation de connaissances suhconscienies non acquises par les voies sens or ù lies.
En effet, s'il est un axiome qu'aucun physiologiste ne reniera, c'est le nihil est in inielleclu quod non prius fuerit in sensu.
Par conséquent, si la subconscience est fonction cérébrale, on doil pouvoir trouver l 'origine sensorielle de toutes les connaissances qu'elle renferme.
Or, cela n'est pas possible :
>us savons qu'à côté du groupe des eonnnissances subconscientes acquises par les voies sensorielles, consciemment ou incons< iemment, il existe une autre
i. Voiries exemples si Lu ots qu'en donne Aksakof.
catégorie de connaissances qui ne proviennent certainement pas de ces voies sensorielles.
Et ce ne sont pas, je le répète, des connaissances vagues et peu précises, laissant par conséquent place au doute quant à leur origine, mais des connaissances complexes, exactes et étendues : connaissances scientifiques, artistiques, professionnelles, connaissance parfaite d'une langue, etc., toutes acquisitions psychiques qui ne sont pas, qui n'ont jamais été dans la conscience normale; et que, dans certains cas, on observe même dans les manifestations subconscientes d'enfants en bas âge et de nourrissons !
Aucun doute n'est possible, dans tous les cas cidessus : de pareilles connaissances ne proviennent pas des voies sensorielles.
Je sais bien que certains savants ne manqueront pas, pour éviter cette conclusion, d'invoquer, à l'exemple de M. Figuier (Histoire du merveilleux) le résultai d'une exaltation momentanée des facultés intellectuelles. Mais ces savants seront simplement les dupes d'une équivoque.
Il ne s'agit pas de facultés, de capacités d'apprendre, mais de connaissances apprises. La surexcitation de l'intelligence n'explique nullement la possession des éléments acquis, si variés, que nécessite l'usage d'une langue.
A défaut des voies sensorielles et facultés normales, invoquera-t-on, pour expliquer ces acquisitions subconscientes, l'usage des facultés transcendantalesl
La vision à distance ou la lecture de pensées peuvent évidemment procurer, et procurent en effet à la
subconscience beaucoup de ses connaissances anormales, mais leur action est loin de les expliquer toutes. D'une manière générale, elles ne rendent pas compte des connaissances complexes.
Prenons par exemple le cas de la connaissance précise d'une langue ignorée de la conscience normale.
Peut-on admettre que le sujet puise la connaissance de cette langue dans la pensée d'un assistant?
Et s'il n'est aucun assistant connaissant cette langue ? Ira-t-on jusqu'à invoquer une action à distance sur la pensée d'une personne quelconque la connaissant?
Et s'il s'agit d'une langue morte ? Et si le sujet prouve la connaissance non plus d'une, mais de plusieurs langues qu'il ignore également dans son état normal ?
On voit toute l'invraisemblance de l'hypothèse « lecture de pensée ».
11 hYm vraiment pas admissible, quelque extension que l'on donne au phénomène de lecture de pensée, qu'un sujet soit jugé capable de puiser dans un ceru étranger tout ce qui est nécessaire pour comprendre, parler, utiliser une langue qu'il n'a pas apprise.
Il pourrait sans doute énoncer des mots ou des phrases en cette langue, mais sans les comprendre, et surtout sans savoir s'en servir pour exprimer sa pensée.
Hartmann considère que le sujet pourrait peut-être parler une langue en détail, mais seulement sous une suggestion directe : « Les somnamhules} dit-il, peu-
vent prononcer et écrire des mots et des phrases dans des langues qu'ils ne comprennent pas, si le magnétiseur ou une autre personne quelconque, mise en rapport avec eux, prononce ces mots et ces phrases mentalement, dans le but de les leur suggérer ; les somnambules en comprennent même le sens, en tant que la personne qui leur transmet la suggestion le comprend et le saisit pendant qu'il prononce le message, soit à haute voix, soit mentalement1. »
Ce sont là des conditions étrangères aux faits que nous avons étudiés.
On le voit, non seulement les connaissances de la subconscience ne sont pas toutes attribuantes aux sens normaux, mais il en est qui ne peuvent même être expliquées par les facultés transcendantales de cette subconscience.
Du reste, alors même qu'elles viendraient des facultés transcendantales, la difficulté ne serait pas résolue, puisque ces facultés elles-mêmes ne sont pas explicables par le fonctionnement des centres nerveux.
Invoquer l'usage des facultés de lecture de pensée ou de lucidité pour appuyer l'hypothèse « subconscience, fonction du cerveau » ce serait simplement se dérober derrière une équivoque.
Il resterait bien une dernière ressource ; ce serait de déclarer héréditaires ou ataviques ces connaissances subconscientes qu'on ne peut expliquer par les voies sensorielles actuelles ; mais vraiment ce serait aller
i. Hartmann, Le spiritisme.
par trop au delà de ce que permet la logique. Je crois inutile de discuter une semblable hypothèse.
On peut conclure formellement :
L'hypothèse :
« Subconscience supérieure fonction du cerveau » est :
Illogique et irrationnelle ;
Insuffisante pour V explication des faits;
En contradiction avec plusieurs.
Elle doit être rejetée sans réserve, comme incompatible avec la méthode scientifique.
Si la subconscience supérieure nest pas fonction des centres nerveux, quelle est son origine ? Quelle est son essence intime ?
C'est dans cette recherche surtout qu'il importe de suivre pas à pas la méthode scientifique.
Notre seul guide pour aller du connu à l'inconnu sera Yanalyse rigoureuse, au point de vue originel, des facultés et connaissances subconscientes.
Nous savons déjà qu'elles peuvent être divisées en deux groupes :
1° Facultés et connaissances acquises par les voies sensorielles, consciemment ou non, et passées de la conscience normale dans la subconscience qui les a a emmagasinées » et conservées.
2° Facultés et connaissances qui n'ont pu être acquises par les voies sensorielles.
La constatation des facultés et connaissances du premier groupe prouve que la subconscience supérieure est en partie constituée parles acquisitions totales de la conscience, qu'elle contient tous les anciens attributs de cette dernière, en d'autres termes qu'une por-
lion, des éléments psychiques de la subconscience supérieure ont été préalablement éléments psychiques de la conscience.
Nous pouvons, dès lors, de ces constatations, déduire une hypothèse rationnelle pour expliquer les facultés et connaissances du deuxième groupe et, par suite, l'origine totale de la subconscience.
Nous arrivons à cette hypothèse par une simple généralisation :
Nous avons constaté : qu'uNE portion des éléments psychiques subconscients ont été préalablement éléments psychiques conscients.
Nous sommes en droit de supposer:
Que tous les éléments psychiques subconscients ont été préalablement éléments psychiques conscients.
Ce qui implique le corollaire suivant :
Les attributs de la subconscience qui ne proviennent pas des voies sensorielles et de la conscience actuelles proviennent des voies sensorielles et de consciences antérieures à la conscience actuelle.
C'est l'hypothèse qui se présente logiquement, si l'on se base sur l'axiome : nihil est in intellectu quod non prius fuerit in sensu.
On peut l'exprimer plus clairement et plus simplement en ces termes :
L'Être subconscient extériorisable est le produit synthétique d'une série de consciences successives qui se sont fondues en lui et l'ont peu a peu constitué.
Telle est l'hypothèse que l'on peut proposer en remplacement de l'hypothèse : fonction cérébrale, que nous nous sommes vus forcés d'abandonner.
Il ne reste plus qu'à la soumettre à une critique analogue et à rechercher si l'hypothèse nouvelle :
Est logique et rationnelle ;
Est suffisante;
N'est en contradiction avec aucun fait.
Cette troisième condition est certainement remplie ; on chercherait en vain, soit dans le domaine de la psychologie normale ou anormale, soit dans le domaine des autres sciences, un seul fait nettement contraire à l'hypothèse nouvelle.
Son caractère logique et rationnel n'est pas moins certain : rien de plus logique que de supposer toutes les connaissances acquises par la voie sensorielle.
Rien de plus rationnel que de faire dépendre la supériorité de Tètre subconscient sur l'être conscient de son développement plus considérable (il serait supérieur parce qu'il aurait toutes les acquisitions de la conscience actuelle plus celles des consciences antérieures).
Rien de plus rationnel que de supposer ce développement effectué lentement et progressivement dans des existences successives, sans avoir rien de mystérieux.
L'hypothèse est rationnelle à un autre point de vue :
Puisque Y être subconscient n'est pas fonction actuelle de l'organisme et en est indépendant, il doit forcément préexister et survivre à cet organisme.
Or, comme la nature tire des forces qui sont à sa disposition le meilleur parti possible, en économisant, en évitant toute production de forces nouvelles, il est
logique de penser qu'elle utilise la force-intelligence subconsciente dans des organismes successifs avec lesquels et par lesquels cette force-intelligence se développe, et qui se développent eux-mêmes avec elle et par elle.
Mais l'hypothèse est-elle suffisante ?
Elle explique bien la présence de toutes les facultés et connaissances subconscientes de même nature que les facultés et connaissances conscientes ; mais elle fait beaucoup moins facilement comprendre les facultés transcendantales, spécialement la lucidité ; elle ne rend pas compte surtout de la nature intime, de l'essence métaphysique de l'Être subconscient.
Cette dernière difficulté est, actuellement encore , scientifiquement insoluble (voir 2e partie).
Quant aux facultés transcendantales, on peut, avec Myers, admettre qu'elles sont le produit non de l'évolution terrestre, mais d'une évolution extra-planétaire qui lui serait corrélative.
« Notre vie humaine, dit-il, existe et manifeste son énergie à la fois dans un monde matériel et dans un monde spirituel.
« La personnalité humaine, en se développant des ancêtres inférieurs, s'est différenciée en deux phases, dont une adaptée aux besoins matériels et planétaires, l'autre à l'existence spirituelle et cosmique. »
Les facultés transcendantales, utilisées et développées par l'être pendant ses phases de libération, de sécession relative ou complète de la vie organique, resteraient latentes ou inutilisées pendant les phases normales de l'existence terrestre.
Qu'il nous soit permis, après cette étude analytique de l'Être subconscient, d'entreprendre l'exposition synthétique des notions nouvelles et de développer les inductions qu'elles suggèrent.
Nous verrons le caractère logique et rationnel de notre conception s'affirmer de plus en plus.
Puis nous tenterons l'interprétation complète de de tous les faits obscurs par ces notions nouvelles.