V. — Interprétation des sommeils
Nous savons qu'au point de vue physiologique le sommeil est le repos des centres nerveux.
La contradiction entre le repos fonctionnel et la persistance possible de l'activité psychique s'explique facilement si l'on admet la coexistence à la conscience personnelle d'une subconscience supérieure indépendante du fonctionnement cérébral actuel.
Il n'est pas besoin de chercher ailleurs une théorie psychologique du sommeil et des sommeils.
Dans le sommeil, il y a d'abord et avant tout séparation, rupture de collaboration entre l'Être subconscient et le cerveau.
La conscience normale disparaît. L'organisme se repose et son activité se réduit au minimum. Les rêves ordinaires, plus ou moins incohérents, sont le produit automatique d'un reste d'activité cérébrale, laquelle n'est totalement abolie que par la mort.
Les rêves logiques et cohérents, intelligents, géniaux, sont des manifestations de la subconscience supérieure, laquelle n'est pas diminuée par le repos des centres nerveux, mais au contraire exaltée, quoique son acti-
vite soit alors plus difficilement et irrégulièrement perçue.
Les opérations subconscientielles pourront arriver nettement et immédiatement à la conscience, s'il y a réveil brusque, pour une cause ou pour une autre. Dans le cas contraire, elles ne sont pas forcément perdues pour l'être conscient ; seulement elles ne lui arrivent que peu à peu dans l'état de veille et se confondent souvent avec les produits du travail volontaire.
Le sommeil toxique (narcotiques, anesthésiques) donne lieu aux mêmes observations générales. Toutefois, il s'accompagne non seulement de diminution, mais aussi de perversion des manifestations conscientielles (ivresse).
Restent les sommeils hypnotique et médiumnique.
Le mécanisme est le même.
Us sont causés essentiellement par la diminution de l'activité fonctionnelle du cerveau et l'obnubilation de la volonté consciente.
Mais il y a, de plus que dans les autres sommeils, extériorisation de l'être subconscient, à des degrés variables, d'où la netteté de ses manifestations apparentes.