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ORGANISATION CENTRALE

nuaire de l'Association générale des médecins de France, la solution de cette difficile question n'a pas enréalité avancé d'un pas, sauf peut être dans le département de la Sarthe depuis 188:2. De même, pour la réorganisation du service médical des bureaux de bienfaisance qui n'a abouti presque partout qu'à des mesures transitoires, et pour le fonctionnement de l'assistance médicale à domicile, soumise aux délibérations d'une commission administrative spéciale.

Organisation centrale. — C'est aussi une question discutée depuis bien longtemps, sans avoir encore reçu de solution définitive, que celle de l'organisation centrale de la médecine publique. Elle a été reprise dans ces dernières années de divers côtés, principalement par notre collègue M. le Dr Valentin Vignard, qui, dans un très important mémoire, maintient la nécessité de la création d'un Ministère spécial de la santé publique (Gazette hebdomadaire, 1882), et elle a été portée devant la Société de médecine publique, en 1880, par M. A.-J. Martin dans un Essai d'organisation de la médecine publique en France, sur lequel il a fait en 1882 un rapport au nom d'une commission spéciale à la même Société (Bulletin et Revue d'hygiène, 1880 et 1882). Dans l'intervalle, ce travail avait été présenté à la Chambre des députés sous forme d'une pétition et, sur le rapport de M. Beauquier, au nom de la 23e commission, le renvoi en fut prononcé à M. le ministre de l'intérieur, mais uniquement « en l'engageant à stimuler l'initiative des départements et des communes, dans le sens d'une plus complète organisation des services médicaux ». Après avoir examiné pendant un certain temps les divers points soulevés dans cette pétition en ce qui concerne les services d'assistance et d'hygiène dépendant de l'administration départementale et communale, les bureaux du ministère de l'intérieur s'en dessaisirent pour la transmettre à M. le ministre du commerce ; le Comité consultatif d'hygiène publique fut à son tour consulté et dans l'une de ses séances du mois d'octobre dernier, il approuva les termes et les conclusions du rapport de M. leDr Gallard, à ce sujet.

Rappelant le projet d'organisation esquissé dans ce mémoire, celui-ci montra ensuite « que la difficulté est justement desavoir quel est celui des deux départements ministériels, de chacun desquels dépend une partie des attributions des services dont on demande la concentration, qui devra prendre l'initiative des réformes à opérer. Cette initiative ne peut pas plus venir, dit-il, du département du commerce que de celui de l'intérieur qui l'a déjà déclinée et il semble qu'elle ne peut partir que d'une entente commune, d'un accord préalable entre les deux ministères également intéressés à ce que la question soit

étudiée avec tout le soin possible, dans tous ses détails, et examinée non seulement au point de vue théorique, mais aussi et surtout au point de vue pratique, le seul qui importe aux fonctionnaires de l'État. »

C'est pourquoi le Comité, n'ayant pas cru devoir aborder lui-même cette étude d'une façon approfondie ni apporter une solution qui aurait pu, suivant lui, outrepasser sa compétence, formula ainsi son appréciation : « La question d'une nouvelle organisation de tout ce qui se rapporte à la santé publique est pleine d'actualité et d'intérêt; les mesures que M. Martin propose ont été adoptées en tout ou en partie dans divers pays et y ont donné les meilleurs résultats ; il y aurait donc grand avantage à rechercher comment et sous quelle forme elles pourraient être appliquées en France, mais cette recherche ne peut être entreprise et les réformes qui en doivent être la conséquence ne peuvent être proposées qu'après une entente préalable entre les deux ministères de l'intérieur et du commerce et par les soins d'une commission mixte. »

En même temps notre collègue M. le Dr Henry Liouville, député, s'exprimait ainsi officiellement au nom de la commission du budget, dans son rapport sur le budget du ministère de l'intérieur pour 1882 : « La Chambre a déjà appelé l'attention de l'administration sur les avantages qu'il y aurait à voir réunis en France, comme cela a lieu à l'étranger, les divers services qui sont chargés de satisfaire les multiples et impérieures exigences de la santé publique dans une société bien organisée... La dualité actuelle des services ne se comprend plus, l'hygiène publique, telle que les progrès de la science moderne l'ont constituée, est si complètement liée à l'assistance qu'il semble indispensable que les administrations de l'une et de l'autre soient elles-mêmes intimement unies.

« Dans notre rapport sur le budget du ministère de l'intérieur pour l'année 1881, nous avons insisté sur cette question, nous n'y voulons revenir que pour en signaler le côté économique et pour démontrer l'urgence d'une solution qui s'impose à notre pays. Loin de nous la pensée de critiquer les sacrifices que l'État et les communes ne cessent de faire pour secourir les malades et les nécessiteux ; loin de nous le désir de vouloir restreindre les ressources, toujours trop minimes, que l'administration peut y consacrer ; mais ne peut-on pas se demander, dans bien des cas, si telle dépense destinée à venir en aide à une population décimée par la maladie, n'aurait pas pu être évitée par l'adoption des mesures prophylactiques que la science et la pratique recommandaient, et qui l'auraient empêché de se produire ; et si l'exécution actuelle de ces mêmes mesures n'aurait pas pour effet de diminuer, d'éteindre même cette dépense, dans un délai assez rapproché.

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