‹ L'etude et les progrès de l'hygiène en FranceChapitre 30 sur 174 · MODELE DE PROCES-VERBAL · texte numérisé non relu

MODELE DE PROCES-VERBAL

L'an mil huit cent quatre-vingt le

Nous et

experts-inspecteurs, attachés au Laboratoire de chimie établi à la préfecture de police, assermentés près le tribunal de lre instance de la Seine, et porteurs de nos commissions, nous sommes présentés conformément aux instructions de Monsieur le Préfet de police, chez le Sr

demeurant n° où étant et après

avoir donné connaissance de notre qualité et des motifs de notre visite, avons examiné les marchandises mises en vente.

Parmi ces dernières nous avons prélevé :

1° Un 1er échantillon de lait froid dans un vase en placé et contenant encore litres environ de lait en cours de débit,,

Nous avons opéré comme suit :

D'abord, à l'aide d'une grande cuillère, nous avons agité le liquide dans tous les sens de façon à ce que toutes les parties en fussent homogènes, puis nous en avons rempli un litre en verre transparent parfaitement propre, que nous avons hermétiquement bouché et sur le bouchon duquel nous avons apposé une étiquetteindicative portant le n° dûment scellée, et signée du Sr

et de nous ; 2° Un 2e échantillon de lait froid pris dans un pot en fer battu portant l'estampille , d'une contenance de

litres, encore ficelé et revêtu du cachet du fournisseur le Sr demeurant

Tout d'abord nous avons constaté que le cachet en cire portant et la ficelle

retenant le couvercle dudit pot étaient intacts ; nous avons coupé celte ficelle et l'avons placée, avec le cachet y adhérent, dans une petite boite close et ficelée, annexée au présent. Sans désemparer, nous avons fait transvaser le contenu de ce pot dans un autre et l'avons agité ; puis nous en avons rempli un litre en verre transparent, parfaitement propre, que nous avons hermétiquement bouché et sur le bouchon duquel nous avons apposé une étiquette indicative portant le n° dûment scellée et signée du S1' et de nous.

En réponse à nos diverses questions, le Sr

nous a déclaré ce qui suit :

Je me nomme

De tout quoi nous avons rédigé, pour être transmis à M. le Préfet de police, le présent procès-verbal que le S1' a signé avec nous après lecture faite.

Il a paru également nécessaire d'empêcher la fraude du commerce du lait dans les vacheries elles-mêmes. Déjà notre collègue, M. le Dr Arnould, l'avait montrée et dans un travail couronné par la Société industrielle du Nord sur l'écrémage du lait. M. le Directeur du Laboratoire municipal de chimie de Paris appelait, le 26 juin 1882, l'attention de la Société de médecine publique sur la pratique qui tend à se généraliser chez les nourrisseurs de Paris et des environs : par un régime spécial, peu dispendieux et très efficace (nourriture par les drèches, etc.), on suractive la lactation chez les vaches tenues à 1 etable ; elles deviennent toutes phtisiques, mais, pendant un certain laps de temps, elles donnent une quantité de lait beaucoup supérieure à la normale. Cette « sophistication avant la lettre » va être l'objet des expériences d'une commission nommée par la Société.

Le danger des vaches phtisiques a été étudié depuis longtemps déjà en France, notamment par MM. Vallin, Peuch, etc. (Voir au chapitre VIII le paragraphe Phtisie) ; il faut donc inspecter les vacheries ; c'est ce qui a été fait en divers endroits, et, il y a deux mois, par exemple, le Conseil d'hygiène de la Seine, saisi depuis quelque temps de plaintes nombreuses signalant la mauvaise qualité du lait fourni par certains nourrisseurs de la ban-

lieue, a ordonné une inspection immédiate des vacheries. Cinquante-huit vacheries ont reçu la visite des inspecteurs, qui ont constaté que les vaches, en trop grand nombre, serrées dans d'étroits réduits, ne pouvaient se reposer, tombaient malades et donnaient un lait malsain. Dans ces conditions, les inspecteurs ont fait aérer les étables, ils ont prescrit aux propriétaires de laisser entre chaque animal un espace de lm70, et de renouveler le fumier trois fois par semaine. Le vétérinaire de la préfecture de police, qui accompagnait les inspecteurs à Clichy, à Levallois, à Neuilly, à Courbevoie et à Asnières, vient de prescrire à tous les nourrisseurs dont les vaches sont malades, de se débarrasser immédiatement des animaux malsains ou affaiblis en les envoyant à la campagne. Ceux d'entre les propriétaires qui ne se conformeraient pas à ces prescriptions seront poursuivis devant le tribunal de simple police.

Verdissage des conserves alimentaires par le cuivre. — La crainte exagérée du cuivre tend à faire place chez nous, depuis quelques années, à une confiante sécurité que certains hygiénistes trouvent exagérée. On ne saurait pourtant suspecter les expériences de MM. Galippe et Bourneville, ni l'opinion de MM. Bouchardat et A. Gautier (1), ni la prudence du Conseil d'hygiène de la Seine (2). En tous cas, l'opinion dominante parmi les hygiénistes français nous paraît nettement résumée dans les conclusions suivantes d'un rapport de M. le Dr Galippe à la Société de médecine publique (Bulletin et Revue d'hygiène 1880 (3) :

Considérant que le cuivre existe dans l'économie animale et 'dans beaucoup d'aliments usuels, quelquefois même en quantité plus grande que dans les conserves re verdies avec soin ;

Considérant en outre qu'il n'est nullement démontré aujourd'hui, après une expérience de vingt-huit années faite sur une très grande échelle, que les conserves reverdies aient jamais produit aucun accident ; nous préoccupant, enfin, des intérêts de l'industrie des conserves alimentaires, qui ne saurait transformer ses procédés du jour au lendemain, nous concluons:

Qu'il n'y a pas lieu d'interdire le reverdissage des conserves par le sulfate de cuivre, sous la réserve que ce sel ne sera em-

(1) Voir leur rapport au Congrès international d'hygiène de Paris.

(2) Voir le rapport de M. le professeur Brouardel, au nom d'une commission composée de MM. Pasteur, Poggiale et le rapporteur.

(3) Une circulaire ministérielle en date du 28 juin 1882 rappelle néanmoins qu'il est interdit à tout débitant ou marchand quelconque de vendre et de mellre en vente les conserves préparées dans des \ascs de cuivre ou avec des sels de cuivre.

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